
«Il faut rester modeste, mais la France a réussi à vaincre en grande partie la menace islamiste, elle peut vaincre le narcotrafic», a soutenu le garde des Sceaux, le 18 décembre dernier au Parisien, lors d’un entretien croisé avec celle qui dirigera le parquet national anti-criminalité organisée, la procureure Vanessa Perrée. Gérald Darmanin, qui ose faire le parallèle entre narcotrafic et terrorisme, car des «organisations criminelles veulent se substituer à l’autorité de l’État» et «commettent des actes de terreur», est prêt à passer à la vitesse supérieure. Avec le Pnaco, il entend éradiquer le narcotrafic.
16 magistrats, 13 greffiers et une équipe d’assistants spécialisés et d’officiers de liaison formeront le parquet national anti-criminalité organisée, créé sur le modèle du Parquet national antiterroriste. Cette trentaine de personnes viennent des finances publiques, de la police, des douanes ou encore de l’administration pénitentiaire. Puis «dix magistrats de plus arriveront en septembre», a indiqué Vanessa Perrée.
Eviter «le point de bascule»
«Les personnes les plus dangereuses de France auront un magistrat qui va s’occuper d’elles tous les jours», dévoile également Gerald Darmanin : «C’est une garantie d’efficacité et un énorme effort de moyens.» Ce parquet se concentrera aussi sur le suivi de l’argent. «Il convient de garder en tête que les saisies de drogue, c’est bien, mais que ce sont l’argent et les biens qui permettent aux trafics de perdurer», explique ainsi la procureure.
Gerald Darmanin souhaite à tout prix éviter «le point de bascule», ce jour «où l’État aura peur car il n’est plus capable d’installer des caméras de vidéosurveillance, de juger les narcotrafiquants, de créer des prisons de haute sécurité.» Avec le Pnaco, ils comptent récupérer des «informations sur les blanchisseurs, les banquiers, tous ceux qui aident les trafiquants à s’enrichir». Le renseignement donc, une des clés «afin de ne pas laisser de cibles sous les radars».


















