Le Bouvet. Ce nom résonne d’un écho funèbre aux oreilles des soldats de la Marine nationale. Le 18 mars 1915, durant la bataille des Dardanelles, le cuirassé heurte une mine flottante turque. Eventré, le sarcophage d’acier disparaît de la surface en 54 secondes, emportant avec lui 648 des 700 marins embarqués. Cet engloutissement express est aujourd’hui encore un cas d’école. Posée sur un présentoir, une maquette du Bouvet, réalisée au 1/30, trône dans le hall d’entrée du centre Techniques hydrodynamiques de la Direction générale de l’armement (DGATH). « En 2015, elle nous a servi à faire une reconstitution de la tragédie. Elle a coulé exactement à la même vitesse que le navire original construit en 1892, ce qui nous a confirmé qu’il était mal conçu », explique Eric, chargé de la communication à la DGA. Par mesure de précaution, il est interdit de donner le nom complet des personnels de cette administration. Va donc pour « Eric » !

Situé à Val-de-Reuil, dans l’Eure, le DGATH a davantage vocation à prévenir les naufrages qu’à les analyser a posteriori. C’est ici que sont conçus et validés tous les projets de coques des navires de la Marine nationale. Installées dans quatre bâtiments répartis sur 22 hectares, derrière une clôture hérissée de barbelés qui n’incite guère à l’intrusion clandestine, les 220 personnes du centre sont des spécialistes du comportement des navires. De la proue à l’hélice, ils conçoivent tout ce qui se trouve sous la ligne de flottaison. Pour ce faire, ils ont d’abord recours à la simulation numérique, puis à des maquettes qu’ils testent en les mettant à l’eau.

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