
Surveillance des bases, protection portuaire, escorte de bâtiments sensibles… la Marine nationale veut aller vite pour répondre à ces besoins. Pour s'assurer une réponse efficace, elle s'appuie sur l'Agence de l’innovation de défense (AID) et sur un projet inédit baptisé Danae, pour Drone de surface Autonome Naval avec une capacité d'Armement Embarqué. Comme l'indique BFTMV, le but est de sélectionner le plus rapidement possible un drone capable de sécuriser les installations navales en métropole comme en Outre-mer, et à terme d'accompagner les navires en mer. Si l'emport d'armement est envisagé, la priorité reste la protection face à des menaces de plus en plus diffuses.
Pour y parvenir, l'AID a choisi de casser les codes classiques de l'acquisition militaire. «Nous avons une industrie capable de produire, dans un contexte géostratégique qui ne nous permet pas d'être déclassés», souligne le général Patrick Aufort, directeur de l’agence. «Il faut s'entraîner à produire rapidement», explique-t-il. Après un appel à projets lancé l'an dernier, sept solutions sont actuellement testées, portées par des grands groupes mais aussi par des PME et des start-up, aux côtés d'acteurs spécialisés dans les drones maritimes. Sont ainsi impliqués : Thales, la filiale de Naval Group Sirehna, Keys4sea, SeaOwl Group, Marine Tech, SEAir et Exail.
Les trois meilleurs projets seront retenus pour la construction de prototypes
Après cette phase d'expérimentation, «les trois meilleurs projets seront retenus pour lancer une phase de construction de prototype. A l'issue de cette phase, qui va durer 12 à 18 mois, le gagnant se verra attribuer une commande pour équiper la Marine nationale», précise Jean-François Thomas, responsable du programme Danae à l'AID, qui travaille «en binôme» avec un officier de la Marine pour garantir l'adéquation opérationnelle.
Ce projet s'inscrit dans la logique de la «DGA de combat», défendue par la ministre des Armées Catherine Vautrin. «La guerre se transforme et impose une adaptation et une accélération permanentes», avait-elle en effet rappelé le 22 janvier dernier, appelant à «une logique d'essais, d'expérimentations, d'itérations, sans attendre la perfection théorique pour livrer une première capacité utile». Une stratégie soutenue financièrement par la Loi de programmation militaire 2024-2030, qui prévoit 5 milliards d'euros pour les systèmes téléopérés, de la surveillance à l'attaque.


















