Au bout de quatre ans de règne, Carlos Tavares a finalement quitté Stellantis en décembre 2024. Très rapidement, une polémique a éclaté quant au gros chèque qu’il allait toucher à la suite de ce départ. Evalué dans un premier temps à 35 millions d’euros, il a finalement été de 12 millions d’euros, selon les informations de Capital, dont deux millions au titre d’indemnité de départ. Alors qu’il vient de publier un livre, Un pilote dans la tempête, l’homme d’affaires a confirmé mardi soir sur LCI qu’il avait touché 80 millions lors de son passage chez le constructeur européen.

Et surtout, il a justifié ce genre de rémunération sur BFMTV. Alors qu’il dit dans son livre que «le rôle du patron est plus difficile qu’il y a 20 ans», il ne comprend pas pourquoi ce genre de propos pourrait choquer aujourd’hui. «C’est de l’ignorance», a-t-il lancé, avant de préciser les risques auxquels sont confrontés les dirigeants à l’heure actuelle. Il a mentionné des «risques physiques» lors de leurs déplacements à l'étranger. A titre d’exemple, il a aussi évoqué «les niveaux de protection très variables selon le pays».

Carlos Tavares évoque «des risques énormes»

En Italie, par exemple, Carlos Tavares bénéficiait de sept personnes et deux voitures blindées, quant au Brésil, c’était «au moins dix militaires, mitraillette au poing», a-t-il détaillé. En outre, il faut prendre en compte les risques liés aux «mises en examen» et aux réglementations des marchés financiers. Des «risques énormes» pour les dirigeants, selon lui. C’est en cela qu’il répond : «Je méritais mon salaire et c’est ce qu’a décidé le board.»

S’il «entend» que les Français puissent considérer que les salaires des dirigeants soient trop importants, le chef d’entreprise portugais a renvoyé sur BFMTV «à ceux qui font cette critique-là, en disant avoir le courage de légiférer». Et d’envoyer un message aux politiques : «Prenez vos responsabilités. Si vous pensez que c'est trop, alors vous décidez de légiférer !» Toutefois, Carlos Tavares a mis en garde : «Il faudra en assumer les conséquences.»

L’ancien directeur général de Stellantis citant tour à tour des investissements en moins pour la France et «le fait que les meilleurs talents ingénieurs français sont tous en train de travailler en Californie» ou encore que «de futurs vaccins pour des problèmes pandémiques pourront être trouvés par des scientifiques français pour des entreprises à l'étranger». Il y a quelques jours, alors qu’il s’exprimait pour la première fois depuis son départ, le grand patron avait reconnu des erreurs chez Stellantis : «Il y a des choses que je n'ai pas réussies», disait-il, et de poursuivre : «J'espère simplement avoir pris 80% du temps de bonnes décisions.»