Un gros chèque qui fait polémique. Débarqué fin 2024 après des résultats décevants, le directeur général de Stellantis, Carlos Tavares, pourra se consoler avec un joli pactole. Selon les informations de franceinfo, l’ex-patron du groupe automobile touchera plus de 34 millions d’euros. Un montant comprenant notamment 23 millions d'euros de rémunération au titre de l'année 2024, deux millions d'euros d'indemnité de départ et près de 10 millions de prime d'objectif.

Une coquette somme contre laquelle le cabinet de conseil Proxinvest et un petit actionnaire minoritaire appellent les actionnaires du groupe automobile à voter contre, ce mardi 15 avril, lors de l’assemblée générale du groupe qui se tiendra à Amsterdam, aux Pays-Bas. Ce vote ne sera toutefois que purement consultatif. Au sein de l’entreprise, le généreux cadeau de départ accordé à l’ex-PDG est pourtant vivement critiqué, comme ont pu le constater nos confrères qui se sont rendus à l'usine de production de Poissy dans les Yvelines.

«Pour nous, c'est indécent»

«Est-ce que c'est mérité ? Je ne sais pas», se demande Eric, qui travaille pour Stellantis depuis 25 ans. «Est-ce que c'est raisonnable ? C'est limite indécent», poursuit-il. Son collègue estime, lui, que «c'est beaucoup trop». «Nous, on n'a pas même pas réussi à avoir de primes d'intéressement. Ils nous donnaient une prime spéciale, mais pas d'intéressement, ça fait mal», témoigne-t-il auprès de franceinfo.

«Ecoeuré», Vincent, 20 ans d'ancienneté, affirme que «cette somme aurait pu être répercutée sur les augmentations de salaires». «Pour nous, c'est indécent», juge le salarié. «Même sur une vie complète, on n'aura jamais cette somme», dénonce-t-il encore. Brahim, lui, est plus sévère, considérant que Carlos Tavares «a gagné beaucoup d'argent» alors qu’il «a fermé des usines». «Il devrait partir avec rien», soutient-il alors qu’une fermeture du site de Poissy en 2028 est évoquée par le syndicat Sud.