Une attaque qualifiée de «Pearl Harbour» par les journalistes russes, mais surtout, de lourdes pertes pour Moscou. Dimanche 1er juin, l’Ukraine a mené une vaste attaque contre des bases aériennes russes à l’aide de drones valant à peine 500 euros. Au total, des dizaines de bombardiers auraient été détruits, dont le coût est estimé entre 40 et 100 millions d’euros. Parmi les engins russes qui auraient été détruits figureraient des avions A-50, indique Le Parisien. Appelés aussi Iliouchine A-50 ou Beriev A-50 (voire «Mainstay»), cet appareil est très rare.

De fabrication russe, l’avion espion coûterait pas moins de 300 millions d’euros, selon les données de l’Institut international d’études stratégiques. Et la Russie n’en possèderait que sept. D’ailleurs, depuis sa mise en service dans les années 1980, seulement 20 à 30 ont été fabriqués par la Russie. Long de 50 mètres, l’A-50 coordonne les avions de chasse et les bombardiers engagés sur le front ukrainien et, plus globalement, organise la défense russe.

Un coup sérieux porté aux Russes ?

L’avion est aussi redoutable grâce à son radar «Shmel» qui permet de détecter des cibles ennemies jusqu'à 400 kilomètres. Son importance est telle que pour couvrir tout le territoire ukrainien, Moscou aurait besoin de seulement neuf avions. Mais aujourd’hui, la Russie n’en aurait plus que sept à disposition, détaille le correspondant de guerre pour Forbes, David Axe.

Interrogé par l’AFP, le chercheur Yohann Michel, de l’Institut d’études de stratégie et de défense de l’université Lyon III, estime que l’opération menée par l’Ukraine est «un coup sérieux pour les capacités offensives russes, et ce n’est pas la fin de ce type de campagne». De son côté, The Telegraph estime que l’attaque ukrainienne est «une prise majeure».

L’impact ne devrait toutefois pas se faire ressentir pour le moment, mais dans plusieurs semaines. Des images satellites publiées mercredi montrent qu’une quinzaine d’avions ont été détruits, et une trentaine touchés au total. En dehors des A-50, il y aurait des bombardiers stratégiques à long rayon d’action Tu-95 et des Tu-22. Une attaque qui aurait causé deux milliards d’euros de pertes à la Russie.