S&P avait dégradé la note de la dette souveraine de la France à l’automne dernier, mais elle décide aujourd’hui de la maintenir à A+. Cela est une bonne nouvelle, mais pas une surprise. Pourtant, le déficit public de la France est de 5,1 % du PIB en 2025, soit un niveau «très supérieur à ceux des autres pays européens notés aussi A+», explique à BFMTV Éric Dor, directeur des études économiques à l'IESEG School of Management. Mais, explique l’expert, l’agence américaine ne devait dégrader la note de la France que «si sa situation budgétaire se détériorait au-delà de nos prévisions ou si ses perspectives de croissance économique se dégradaient sensiblement».

Or, S&P envisageait un déficit public à 5,3 % du PIB. Quant à la croissance, si elle connaît une chute en ce début d’année, la Commission européenne et le FMI envisagent une hausse de 0,8 % ou 0,9 % sur l’année. Ce niveau reste en dessous des premières prévisions, mais comme pour l’ensemble des pays affectés par le blocus dans le détroit d’Ormuz. Il faut aussi dire que la France est l’un des pays européens qui a le moins cassé sa tirelire pour les aides au carburant. Antony Morlet-Lavidalie, économiste à Rexecode, explique que cela aurait été «un peu le monde à l'envers de sanctionner la France au moment où elle est plus vertueuse que la moyenne».

Pas d’abaissement de la note en temps de crise

L’expert ajoute que le contexte international n’est pas propice à un abaissement de la note. Lorsque le monde traverse une crise géopolitique, comme la guerre en cours au Moyen-Orient, «c’est rarement une bonne idée d’amplifier un problème alors qu’on est déjà en période de tension». Il explique que cela explique pourquoi les agences américaines, dont S&P, avaient abaissé la note de la France en octobre dernier. Le pays était alors «sorti du choc énergétique» lié à la guerre en Ukraine.