
Nouveau scandale du côté de Paris Habitat ? L’un des bailleurs sociaux de la capitale pourrait être victime d’une arnaque montée par certains de ses employés et par un tiers. C’est ce que nous apprend une enquête fouillée menée par nos confrères du Parisien et publiée le 17 février. Des gérants «corrompus» de Paris Habitat se seraient acoquinés avec des conducteurs de travaux de la société SMRD Bat 92, qui s’occupe notamment de la rénovation de logements pour le compte du bailleur social.
Des surfacturations à la pelle auraient été relevées par le quotidien francilien dans les bons de commande. Contacté par nos confrères, un ancien salarié de l’entreprise confirme : «Je dirais que plus de 50 % des bons de commande étaient gonflés», sur les centaines qu’il a eu à traiter. Résultat : des centaines de milliers d’euros auraient ainsi été détournés. En réalité, c’est tout un système bien rodé qui a permis à SMRD Bat 92 de gonfler les prix.
La Ville de Paris réagit
Des conducteurs de travaux de l’entreprise se seraient liés d’amitié au fil des ans avec certains gérants de Paris Habitat. Ils auraient ensuite entretenu ces relations en les invitant à des soirées durant lesquelles le champagne coulait à flot, en les invitant à dîner et en offrant du foie gras en fin d’année. Pire encore, un témoin assure, dans un certificat Cerfa que Le Parisien a pu consulter, que des employés se seraient vu offrir des téléphones portables pour soigner cette fameuse amitié. En échange, il leur aurait été demandé de ne pas appliquer de pénalités qui auraient dû s'abattre sur SMRD.
La mairie de Paris n’a pas tardé à réagir. Dans un communiqué, la municipalité assure qu’elle «a immédiatement effectué un article 40 auprès du Procureur de la République de Paris». Et de préciser : «Au regard des dénonciations formulées, et afin de permettre la conduite des investigations judiciaires nécessaires pour établir la réalité des faits, la Ville de Paris a saisi le procureur de la République.» Enfin, «la Ville de Paris prend acte de la saisine par Paris Habitat de l’autorité judiciaire et de la tenue d’un Conseil d’administration extraordinaire afin de faire état des initiatives prises et à venir». Affaire à suivre, donc.
SMRD réagit à son tour
De son côté, SMRD a tenu a apporté une réponse officielle dans laquelle elle affirme "que ces faits, s’ils étaient avérés, seraient isolés, exceptionnels et non représentatifs de la réalité. Le risque zéro n’existe pas, c’est pourquoi des procédures structurées de contrôle interne, avec des tests réguliers, sont en place."
La direction de SMRD déclare ainsi : "Un euro surfacturé serait un euro de trop. Si certains faits étaient vérifiés, ils ne pourraient représenter qu’une proportion marginale des interventions pour Paris Habitat au vu des sommes évoquées par l’article et leurs auteurs seraient sanctionnés. Les surcoûts éventuels pour Paris Habitat le cas échéant seraient intégralement remboursés. A ce stade cependant, rien dans les contrôles effectués sur la période postérieure aux faits de 2016 n'indique une dérive ou une situation qui irait au-delà des rapports normaux et des ajustements courants entre prestataire et donneur d'ordre."
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