Ce ne sont pas une, mais 32 associations qui tirent la sonnette d’alarme et pressent le gouvernement d’agir. Dans une pétition lancée sur son site internet, l’UFC-Que Choisir, ainsi que 31 autres organisations, appellent la grande distribution à mettre en vente des produits à prix coûtant pour lutter contre la vie chère. «Exigeons 100 aliments bons pour la santé à prix coûtant dans les supermarchés !», tel est le titre de la pétition. Cosignée par Foodwatch, Familles Rurales ou encore le Secours catholique, cette tribune rappelle que «manger sainement ne devrait être un luxe pour personne».

Ces associations souhaitent que ce panier de 100 produits à prix coûtant devienne obligatoire dans tous les supermarchés et hypermarchés, tout en rappelant que l’accès à une alimentation saine et durable accessible à toutes et tous est «un droit fondamental». Il doit également assurer une rémunération juste aux agriculteurs et agricultrices. Ces 32 associations lancent un appel au ministre de l’Economie ainsi qu’à celui du Travail à «se saisir de cette mesure urgente». Le collectif déplore que les Français ne puissent pas avoir accès aux recommandations de santé publique, comme «manger 5 fruits et légumes par jour», «privilégier les céréales complètes», «cuisiner maison» ou encore «consommer des produits biologiques».

Des pratiques «abusives»

Pourquoi ? Car trop souvent, les produits dits de saison sont les plus chers en supermarché et les marges réalisées par la grande distribution, comme sur les fruits et légumes, sont décrites comme «abusives». Dans leur viseur, des enseignes comme Leclerc, Auchan, Carrefour, Coopérative U ou encore Intermarché qui «contrôlent 80% du marché alimentaire». Sur la base des recommandations du Programme National Nutrition Santé (PNNS), ces prix coûtants doivent être appliqués sur des produits comme les fruits et légumes frais (surgelés ou en conserve), mais aussi les produits céréaliers comme les pâtes, la farine ou le pain.

Ce n’est pas tout. Ces 32 associations veulent des prix coûtants sur le poisson, les produits laitiers, les œufs ou les ingrédients pour cuisiner maison, que ce soit le beurre, le sucre, les épices et le poivre. Toute la France doit être concernée ainsi que les départements d’Outre-mer, réclament-elles. «Contribuer à rendre les produits les plus sains plus accessibles, augmenter le pouvoir d’achat des consommatrices et consommateurs, tout en assurant un prix juste aux agricultrices et agriculteurs», peut-on lire dans la pétition.

Un Français sur trois saute un repas

Les 32 associations rappellent enfin que près d’un Français sur trois (29%) déclare devoir sauter un repas par manque d’argent et beaucoup n’ont pas accès aux produits recommandés par le PNNS. Une situation qui est d’ailleurs «intolérable» puisqu’elle expose à des maladies. L’UFC-Que Choisir, Foodwatch et Familles Rurales ont également envoyé un dossier à l’Autorité de la Concurrence. Elles souhaitent que cette dernière ouvre «une enquête sectorielle» sur la formation des prix et la péréquation des marges dans la grande distribution.