Mardi 13 mai sur TF1, le président de la République n'a pas ouvertement parlé de «TVA sociale» mais ses propos l'évoquaient sans conteste. Emmanuel Macron a en effet demandé au gouvernement de lancer une conférence sur la façon de financer notre modèle social. Selon lui, ce dernier «repose beaucoup trop sur le travail». La «taxation de la consommation» a donc été mise sur la table. Ce qui est, peu ou prou, la définition même de la «TVA sociale» rejetée par les syndicats de salariés et – sans surprise – approuvée par les organisations patronales.

Concrètement, la mesure consisterait à financer notre système social (retraites, assurance maladie, allocations familiales etc) non pas avec l’argent des cotisations prélevées sur les fiches de paie mais avec l’argent de la TVA, taxation de la consommation prélevée sur chaque achat de biens et services - premier prélèvement français avec plus de 200 milliards d’euros collectés chaque année. Les conséquences s'en ressentiraient au quotidien, avec des prix légèrement plus élevés dans le cadre d'une hausse de un point de la TVA (actuellement à 20% sur les produits de consommation) malgré une légère hausse de salaire.

La CGT fustige une mesure inéquitable

Le 19 mai, le ministre de l'Economie, Eric Lombard, a estimé, sur le plateau de la matinale de RTL, que cette piste de financement du système social était «une idée qui mérite d'être regardée attentivement». Selon lui, les charges pesant sur les salaires et les entreprises restent «trop importantes». L'idée, donc, de «trouver une base plus large et plus équitable» semble trouver grâce à ses yeux. Mais, insiste-t-il, elle devra relever des partenaires sociaux, toujours réunis en «conclave» malgré le départ de plusieurs organisations syndicales, dont la CGT. Le 16 mai sur BFMTV, Sophie Binet, secrétaire générale du syndicat, fustigeait d'ailleurs cette éventualité de TVA sociale, estimant que cette piste revenait, «encore une fois», à céder «à tous les caprices du patronat» et à faire «encore baisser le pouvoir d’achat des salariés».