«Un message de soutien et de volonté». Quelques jours après avoir été nommé Premier ministre, le 17 septembre, Sébastien Lecornu a adressé un courrier aux près de 35 000 maires français. «Je mesure, pour bien les connaître, les difficultés des missions qui vous sont confiées», a assuré l’ancien maire de la commune de Vernon, dans l’Eure.

A six mois des élections municipales, le nouveau locataire de Matignon a pris la plume pour annoncer aux maires quelques futurs changements. Le Premier ministre a notamment évoqué son souhait de faire «aboutir, avant les élections municipales, la loi portant création d’un statut de l’élu local» déjà adopté en première lecture à l’Assemblée nationale. Le nouveau chef du gouvernement est aussi revenu sur sa volonté d’engager «un grand acte de décentralisation» afin de «garantir un service public efficace, de proximité et adapté aux besoins de nos concitoyens et aux exigences de nos finances publiques».

Vers une augmentation du salaire des maires ?

«Notre appui devra se matérialiser par une plus juste reconnaissance de votre engagement comme agents de l'Etat, que je souhaite inscrire dans les textes budgétaires pour 2026», a ajouté Sébastien Lecornu. Difficile de savoir s’il s’agit effectivement d’une augmentation des indemnités touchées par les maires, une demande des élus locaux. Selon une étude menée par le Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof) pour l’Association des maires de France (AMF) et le ministère chargé des collectivités territoriales publiée en novembre 2023, 50% des maires estiment que leur indemnité devrait être revue à la hausse afin de favoriser l’engagement des élus municipaux.

En échange de l’exercice de leurs fonctions, les maires perçoivent une indemnité chaque mois. Cette dernière est calculée sur la base de l’indice brut terminal de la fonction publique, à savoir l’indice 1027. Son montant a été revalorisé le 1er janvier 2024. Il est désormais de 4 110,52 euros.

1 048,18 euros brut mensuel au minimum

L’indemnité des maires varie en fonction du nombre d’habitants de la commune. À chaque échelon correspond un taux de l’indice 1 027. La plus petite rétribution, pour les maires d’une commune de moins de 500 habitants, est de 1 048,18 euros brut mensuel. À l’inverse, l’indemnité maximale est de 5 960,26 euros pour les élus à la tête d’une commune de plus de 200 000 habitants. Le montant grimpe à 7 912,76 euros à Paris. Les communes sont tenues d’allouer au maire l’indemnité au taux maximal prévu par la loi, exception faite lorsque le conseil municipal en décide autrement, à l’initiative du maire (article L2123-23).

Anne Hidalgo, la maire de Paris (2,1 millions d'habitants), par exemple, touche une indemnité de 7 912,76 euros brut mensuel pour l’exercice de ses fonctions. Christian Estrosi, à Nice (340 000 habitants), perçoit 5 960,26 euros. L’indemnité d’Édouard Philippe, maire du Havre (160 000 habitants), s’élève aussi à 5 960,26 euros. 40,1% des maires exercent une activité en parallèle de leurs fonctions et cumulent donc cette indemnité avec un salaire. L’enquête menée par le Cevipof met en exergue que la très grande majorité des édiles, (87%) ne se font pas rembourser leurs frais. 35% d’entre eux ont déjà renoncé à une part de leur indemnité.