Qu’est-ce qu’un enseignant contractuel dans la fonction publique ?

Une embauche via un contrat de travail

Les contractuels, loin de remplir les rangs des enseignants, viennent pourtant combler les trous de l’Éducation nationale. Un contractuel ou une contractuelle dans la fonction publique est une personne recrutée par une institution publique, en contrat à durée déterminée (CDD) ou en contrat à durée indéterminée (CDI).

Devenir enseignant sans concours ni titularisation

Ces enseignants engagés en tant que contractuels ne rentrent pas dans l’Éducation nationale via un concours, ils ne sont pas considérés comme « titulaires » et doivent avoir un niveau équivalent à celui d’une licence pour être en droit d’exercer. Leur nombre augmente chaque année, mais ils ne sont pas toujours faciles à recruter.

Comment devenir professeur contractuel dans la fonction publique ?

Il faut être titulaire d’un diplôme correspondant à la discipline enseignée (souvent au minimum une licence), déposer une candidature auprès du rectorat ou via les plateformes de recrutement (lettre de motivation et CV), puis être sélectionné en fonction des besoins. Le recrutement se fait sans concours, par CDD, après examen du dossier et parfois un entretien.

Comment calculer son salaire en tant que prof contractuel ?

Principe général du calcul

Le salaire d’un professeur contractuel dans l’enseignement public n’est pas fixé par une grille unique nationale. Il est déterminé par l’administration (rectorat ou ministère) en référence aux règles de l’Éducation nationale, à partir d’un indice majoré. Cet indice sert de base au calcul du traitement indiciaire brut, auquel peuvent s’ajouter certaines indemnités.

Pas d’échelon pour l’enseignant

Contrairement aux enseignants titulaires, le professeur contractuel n’est pas automatiquement classé dans un échelon statutaire. Toutefois, lors du recrutement, l’administration procède à un classement indiciaire en tenant compte notamment :

  • du niveau de diplôme (licence, master, doctorat) ;
  • de l’expérience professionnelle antérieure ;
  • de la discipline enseignée et de la tension du recrutement ;
  • de la durée et de la nature du contrat (temps plein ou incomplet).

Ce classement correspond, dans les faits, à un niveau équivalent à un échelon de titulaire, sans en avoir le statut.

Grilles de salaire des professeurs contractuels (à Paris, Créteil, Versailles…)

Un décret du 17 juillet 1986 donne à l’autorité qui recrute le pouvoir de fixer le salaire en fonction de l’expérience du candidat et du poste. Dans le cadre des contractuels de l’Éducation nationale, il existe 18 niveaux de rémunérations différents pour les enseignants non titulaires selon leur niveau de diplôme et d’expérience professionnelle.

Quel est le salaire d’un professeur contractuel ?

Une rémunération proche du SMIC pour la plupart

La valeur du point d’indice de la fonction publique est inchangée depuis juillet 2023 et s’établit à 4,92278 euros brut. Si l’on prend en compte l’indice majoré 367 (contractuel débutant), le traitement brut mensuel est d’environ 1 808 euros brut. Après prélèvements sociaux, cela correspond à environ 1 450 euros net par mois.

Avec un indice majoré plus élevé (environ 650), le traitement brut mensuel maximal s’élève environ à 3 200 euros brut, soit environ 2 500 euros net.

Un salaire trop bas pour le recrutement des profs contractuels

Cette rétribution peut poser problème pour recruter des professeurs de matières spécialisées où il faut aller chercher des professionnels en exercice. Pour réussir à les attirer, y compris dans des domaines pointus, « les inspecteurs tiennent compte de l’expérience du candidat », détaille l’expert de l’Éducation nationale.

Prendre en compte la durée du contrat

Outre le niveau de rémunération, la durée du contrat est un élément déterminant. Un professeur contractuel peut se retrouver sans salaire pendant les vacances scolaires. Lorsque le poste est vacant de manière permanente, le contrat couvre en principe une année entière. En revanche, pour un remplacement, le contrat ne dure que le temps de l’absence, hors congés.

Quelles sont les primes en plus de la rémunération des enseignants contractuels ?

La prime d’activité

Les enseignants contractuels peuvent bénéficier de la prime d’activité, sous réserve de remplir les conditions de ressources fixées par la Caisse d’allocations familiales. Cette aide, indépendante du statut, vise à compléter les revenus modestes. Son montant varie selon la situation familiale et le niveau de rémunération.

L’indemnité de suivi et d’accompagnement des élèves (ISAE)

L’ISAE concerne les enseignants contractuels du premier degré. Elle vise à rémunérer les missions liées au suivi des élèves, aux relations avec les familles et au travail pédagogique hors temps de classe. Pour les contractuels, l’ISAE est :

  • calculée en fonction de l’indice de rémunération, et non d’un échelon statutaire ;
  • plafonnée et généralement inférieure à celle des titulaires.

En pratique, son montant ne dépasse pas environ 200 euros nets par mois.

L’indemnité de suivi et d’orientation des élèves (ISOE)

L’ISOE est versée aux enseignants contractuels du second degré. Elle rémunère le suivi pédagogique des élèves et, pour certains, les missions d’orientation. Comme pour l’ISAE le calcul repose sur l’indice majoré et le montant est plafonné. La part fixe atteint, là encore, environ 200 euros nets mensuels.

Les heures supplémentaires

Les enseignants contractuels peuvent effectuer des heures supplémentaires effectives, mais elles sont rémunérées à un tarif inférieur à celui applicable aux titulaires. Leur attribution dépend des besoins de l’établissement et de l’accord de l’administration. Elles constituent un complément, mais sont moins avantageuses que pour les titulaires.

Les missions dans le cadre du pacte enseignant

Depuis la mise en place du pacte enseignant, les contractuels peuvent, comme les titulaires, accepter des missions supplémentaires (remplacements de courte durée, soutien, projets pédagogiques, etc.). Ces missions, facultatives, donnent lieu à une rémunération forfaitaire spécifique et permettent d’augmenter le revenu, selon le nombre de missions.

L’indemnité de résidence

L’indemnité de résidence est une indemnité réglementaire, destinée à compenser les écarts de coût de la vie selon les zones géographiques. À ce titre, elle est versée à tous les agents, y compris les enseignants contractuels de l’Éducation nationale. Elle est obligatoire dès lors que l’agent exerce dans une zone ouvrant droit à l’indemnité. Les taux sont fixés par décret :

  • Zone 1 (ex. Paris, petite couronne) : 3 % du traitement brut.
  • Zone 2 : 1 %.
  • Zone 3 : 0 % (pas d’indemnité).

Autres indemnités et primes possibles

En plus des primes déjà citées, les enseignants contractuels peuvent, selon leur situation et leurs fonctions, percevoir d’autres indemnités prévues aux agents de l’Éducation nationale :

  • Le supplément familial de traitement (SFT) : aux agents ayant un ou plusieurs enfants à charge.
  • La prime REP et REP+ : attribuée aux enseignants affectés dans un établissement classé en réseau d’éducation prioritaire (REP ou REP+).
  • Les indemnités pour missions particulières (IMP) : attribuées pour certaines responsabilités spécifiques.
  • La prime d’attractivité (dite « prime Grenelle ») : accessible aux contractuels classés dans les indices concernés, sous conditions, notamment en début de carrière.
  • L’indemnité informatique : prime forfaitaire annuelle destinée à compenser l’usage du matériel numérique professionnel.

Ces primes ne sont ni automatiques ni cumulables dans tous les cas : leur versement dépend de l’affectation, des fonctions, de l’indice de rémunération et des décisions académiques.

Des augmentations possibles pour l’emploi d’enseignant dans l’Éducation nationale ?

Les contractuels sans diplôme supplémentaire peuvent-ils compter sur l’ancienneté pour voir leurs fiches de paie augmenter ? Les évolutions de salaires sont possibles, mais difficiles à obtenir d’après le secrétaire fédéral à la Sgen - CFDT. « L’obligation de révision du salaire est conditionnée à trois ans de contrat sans aucune interruption. »

Quelle différence de salaire avec les enseignants vacataires, agrégés et titularisés ?

Enseignants vacataires

Les vacataires constituent la catégorie la moins bien rémunérée et la plus précaire. Ils sont payés à l’heure effectuée, sans traitement mensuel garanti, sans congés payés et sans rémunération pendant les vacances. Le taux horaire brut est faible et varie en lien avec la discipline et le niveau.

Enseignants titulaires certifiés

Les professeurs titulaires bénéficient d’une grille indiciaire nationale, avec une progression automatique par échelon. Un certifié débute autour de 1 900 euros net par mois, et peut atteindre 2 800 à 3 000 euros net en fin de carrière, hors primes. Les titulaires disposent surtout d’un avantage structurel : stabilité de l’emploi, progression et accès aux primes.

Professeurs agrégés

Les agrégés sont les enseignants les mieux rémunérés du second degré. Leur traitement démarre autour de 2 300 euros net par mois, et peut dépasser 3 500 euros net en fin de carrière, hors indemnités. À niveau d’expérience comparable, l’écart avec un contractuel peut dépasser 1 000 euros net mensuels.

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