Stress, anxiété, exposition aux écrans, journées interminables, sorties, alcool, bruits ou même fortes chaleurs… Les facteurs qui peuvent nuire au sommeil sont nombreux. Et le nombre de Français qui présentent des troubles du sommeil est tout aussi conséquent. 45% d'entre eux, soit presque la moitié, sont confrontés à au moins un trouble du sommeil, selon le ministère de la santé. Si les Français dorment environ 7 heures par nuit, 1 sur 5 dort moins de 6 heures par nuit. Pire, 30% des enfants et 70% des adolescents manquent de sommeil alors même que leurs besoins sont plus importants que ceux des adultes.

Le gouvernement veut aider les Français à mieux dormir. «On sait qu’un sommeil de mauvaise qualité a des impacts pour la santé, que ce soit en santé mentale - plus de stress, de dépression… - ou en santé organique, avec plus d’obésité, de diabète, de maladie cardio-vasculaire», a expliqué Yannick Neuder, le ministre chargé de la Santé et de l’Accès aux soins, mardi 22 juillet. Alors que 2025 est l’année de la santé mentale, qui a été décrétée grande cause nationale, le ministre a présenté sa nouvelle feuille de route interministérielle consacrée à la promotion d’un sommeil de qualité.

Encourager la sieste à l’école et au travail

Ce plan fixe cinq axes prioritaires pour encourager les Français à dormir davantage. Le gouvernement souhaite améliorer la sensibilisation du grand public sur l’importance du sommeil, mieux repérer et accompagner les troubles du sommeil, renforcer les connaissances sur le sommeil, favoriser les bonnes habitudes de sommeil dès l’enfance ou encore agir sur l’environnement de vie et de travail pour qu'il soit plus favorable au repos.

Premier levier d’action : Yannick Neuder qui s’est dit «très favorable à la sieste d’une façon générale, qu’elle soit dans le milieu professionnel ou à l’école». Le ministre estime qu’il est important de «faire en sorte qu’il puisse y avoir ces temps de repos pour l’enfance, car ils sont extrêmement importants, et c’est valable aussi au niveau des entreprises».

En revanche, concernant le monde du travail, «il n’y aura pas de recommandation proprement dite du ministère de la Santé vis-à-vis des employeurs», a précisé Yannick Neuder. «Mais on peut dire que dans la mesure du possible», il est souhaitable «d'aménager comme beaucoup d'entreprises le font déjà spontanément des espaces de pause, des espaces calmes qui permettent aux salariés de faire des micro-siestes», a-t-il déclaré. «Il ne s'agit pas d'imposer des mesures qui seraient irréalisables dans certaines entreprises, mais je crois que dans le cadre de la RSE (responsabilité sociétale des entreprises), du bien-être au travail, beaucoup d'entreprises ont déjà réfléchi à ces questions-là et le proposent», a-t-il ajouté.

Dans cette même volonté, le gouvernement a indiqué un nouveau texte à venir de cadrage sur l’organisation des siestes à l'école maternelle ainsi que la création de plages de déconnexion numérique le soir et le week-end sur les espaces numériques de travail et les logiciels de vie scolaire.

En parallèle, le ministère de la Santé a annoncé le développement du label «Quiet» auprès des collectivités. L’objectif est de signaler des lieux (établissements scolaires, bibliothèques, entreprise, commerce, restaurant…) «favorisant le bien-être, le délassement, voire la sieste».