L’idée paraît saugrenue, mais elle fait son chemin. À peine dévoilée, la grille tarifaire des nouveaux droits de douane américains — visant notamment l’Union européenne, la Chine, le Royaume-Uni ou encore le Japon — a fait bondir économistes et analystes. Au-delà de leur niveau inédit depuis un siècle, c’est surtout la méthode de calcul affichée qui intrigue.

Selon plusieurs experts cités par phonandroid le 4 avril, la formule utilisée — basée sur le déficit commercial, rapporté au volume des importations, puis divisé par deux — semble proche de certaines réponses générées par des modèles d’IA, dont ChatGPT. Un journaliste de Newsweek affirme avoir obtenu une proposition presque identique en demandant à l’outil d’OpenAI de concevoir une politique commerciale «visant à équilibrer la balance des échanges américains».

Une coïncidence ? Peut-être pas

Relayée par Newsweek, cette hypothèse s’appuie sur plusieurs éléments : le caractère rudimentaire du raisonnement économique, l’approximation des chiffres et l’alignement quasi parfait avec les résultats produits par l’IA. Une démonstration a d’ailleurs été faite publiquement par des utilisateurs sur les réseaux sociaux.

Même si aucune preuve directe ne permet de confirmer l’usage de ChatGPT dans l’élaboration de la politique tarifaire de Washington, cette ressemblance alimente les spéculations. D’autant que le président Trump a déjà affirmé à plusieurs reprises son intérêt pour l’intelligence artificielle, tout en fustigeant les experts «traditionnels» jugés trop frileux.

Des précédents historiques inquiétants

La stratégie actuelle n’est pas sans rappeler les erreurs du passé. En 1930, les États-Unis avaient déjà tenté de se protéger avec la loi Hawley-Smoot, imposant de lourds droits de douane. Résultat : un effondrement du commerce international, une aggravation de la Grande Dépression et une défaite électorale pour le président Hoover. Les économistes redoutent un scénario similaire, surtout si les pays visés ripostent par des mesures équivalentes. Pour l’heure, les marchés réagissent mal, et les inquiétudes s’accumulent sur les chaînes logistiques mondiales.

La Maison Blanche, de son côté, n’a pas réagi à ces suppositions. Mais dans les rangs démocrates comme républicains, certains appellent déjà à plus de transparence sur les méthodes d’élaboration des politiques publiques à l’ère de l’intelligence artificielle.

NL Classe éco, classe affaires >> Profitez du meilleur de Capital en vous inscrivant à la nouvelle newsletter de Capital : Classe éco, Classe affaires