Vives tensions au Parlement européen. Un an à peine après sa réélection, certes contrastée, à la tête de la Commission européenne, Ursula von der Leyen est en difficulté, visée par une motion de censure, rapportent Les Echos. Cette motion, lancée par un élu roumain d’extrême droite, Gheorghe Piperea, a trait à la gestion de la patronne de l’exécutif européen de la pandémie de Covid-19, en particulier la commande des vaccins. Votée jeudi 10 juillet, cette motion peut-elle renverser Ursula von der Leyen ?

En réalité, il n’y a aucune chance, indiquent Les Echos, non seulement parce qu’elle n’est soutenue que par l’extrême droite, mais aussi parce qu’au sein du parti AUR (affilié à ECR) de Gheorghe Piperea, deux tiers des membres de l’ECR ne l’ont pas soutenue. La dirigeante allemande s’en est tout de même prise aux élus «antivaccins» et admirateurs «de Poutine», réclamant aux «forces pro-européennes et pro-démocratiques de cette Assemblée» de ne pas voter cette motion. Toutefois, au-delà de cette motion de censure, ces débats ont mis au jour son manque de transparence et sa gestion trop centralisée.

Une «commission trop centralisée et sclérosée»

Car si, lors de sa réélection, Ursula von der Leyen avait donné des gages à plusieurs partis, les conservateurs du PPE, les socialistes du groupe S&D et les centristes de Renew, afin de faire appliquer le Pacte vert, le glissement des conservateurs pro-européens du PPE vers l’extrême droite (dont le Rassemblement national, le Vlaams Belang belge et le Fidesz hongrois) a tourné au règlement de comptes, indiquent nos confrères. «Voulez-vous gouverner avec ceux qui veulent détruire l’Europe, ou avec ceux qui se battent chaque jour pour la construire ?», a lancé la cheffe des sociaux-démocrates, Iratxe García Pérez, dans des propos relayés par Courrier international.

De son côté, la présidente des centristes, la Française Valérie Hayer, a fustigé une «Commission trop centralisée et sclérosée». Sur la méthode, la présidente de la Commission européenne a justifié son recours à l’article 122 (le 49.3 européen) et a assuré aux élus «entendre [leurs] préoccupations avec force et clarté». Mais Valérie Hayer est allée encore plus loin, en réclamant à Ursula von der Leyen de «ramener de l'ordre dans [sa] famille politique».

Puis, elle l’a questionnée sur de nombreux dossiers : «On en est où de l'application du rapport Draghi ? On en est où de l'Union des marchés de capitaux ? On en est où de la protection des mineurs sur les réseaux sociaux ?» Si le PPE, et le chef de la droite, l'Allemand Manfred Weber, ont fait bloc autour de la présidente de la Commission européenne, le malaise politique actuel a été révélé au grand jour. Pour rappel, jamais une Commission n'a été censurée à Strasbourg.