A quelques jours de Noël, le constat est saisissant : selon la dernière enquête de la Direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes (DGCCRF), 90% des jouets sont non conformes sur les plateformes de e-commerce ou les marketplaces, et 60% sont dangereux. Au total, 2 000 professionnels et cinq plateformes ont été passés au crible. La DGCCRF, qui a multiplié par trois ses contrôles en 2025, assure que l’ensemble des produits repérés comme non conformes ou dangereux «ont fait l'objet soit d'une destruction soit d'un signalement pour retrait auprès des plateformes concernées».

Ces résultats interviennent au lendemain de l’annonce de la ministre des Comptes publics, indiquant la saisie de onze millions de jouets contrefaits et dangereux. Des résultats plus que «préoccupants», pour le ministre des Petites et moyennes entreprises, du Commerce, de l'Artisanat, du Tourisme et du Pouvoir d'achat. Interrogé sur France 2 dans «Les 4 Vérités», Serge Papin «appelle les parents à la plus grande vigilance» et fait un constat : «Ces résultats confirment que le modèle économique de certaines plateformes repose sur le non-respect des normes.»

Des produits «friables comme des chips»

Si les produits concernés ont été détruits, Serge Papin évoque même des plastiques destinés aux enfants «friables comme des chips», ce qui est «extrêmement inquiétant». Car si ces jouets sont contrefaits, ils sont surtout très dangereux : «En cas d’ingestion, il existe un risque réel d’absorption de plastique toxique», a confirmé Serge Papin. Si le ministre rejette toute faute imputée à l’Etat, il déplore le manque de respect des normes de la part des plateformes. «On ne peut pas placer un douanier derrière chaque colis, pas plus qu’on ne met un agent de la DGCCRF dans chaque magasin physique», affirme-t-il.

Serge Papin le répète : «Nous sommes un État de droit, avec un code de la consommation clair : tout produit mis sur le marché français doit le respecter.» Or, aujourd’hui, de nombreuses plateformes ne respectent pas ces normes. Cela fait écho à la mission d'information parlementaire créée il y a six mois, mettant en exergue l’infime part de colis provenant de l’étranger (notamment de Chine) contrôlée.

Vers la suspension de plateformes ?

Au total, seulement 0,0082% des produits importés ont été contrôlés à leur arrivée en Europe, soit 80 articles pour un million. «Même si nous augmentions les contrôles par cent, cela ne représenterait encore qu’environ 1% des flux», assure Serge Papin, pour qui il existe une autre solution : «Ces plateformes doivent impérativement respecter nos normes et notre code de la consommation.» Le ministre évoque la possible suspension de ces plateformes, à quelques heures du jugement attendu dans le dossier Shein.