Une révolution dans la prise en charge de l’obésité en France. Le gouvernement a annoncé que deux traitements anti-obésité, Wegovy du laboratoire danois Novo Nordisk et Mounjaro développé par l’américain Eli Lilly, seront prochainement remboursés par l’Assurance maladie. Déjà accessibles en pharmacie sur prescription depuis fin 2024, ces médicaments représentent un coût important pour les patients, estimé à environ 300 euros par mois. À partir de la «mi-juin», cette dépense sera largement prise en charge, a confirmé la ministre de la Santé Stéphanie Rist ce jeudi 28 mai sur TF1.

La ministre s’est félicitée d’une avancée présentée comme historique : «Je suis assez fière, parce que nous sommes le premier pays de l'Union européenne qui accède au remboursement dans le droit commun, de façon pérenne», a-t-elle déclaré. Le remboursement sera officiellement fixé à 65% par la Sécurité sociale. Toutefois, dans la majorité des cas, la prise en charge devrait être totale. «Quasiment tous les patients seront pris en charge» intégralement «parce qu'ils ont des comorbidités, comme la tension ou le diabète», a précisé Stéphanie Rist. «Pour la très grande majorité, ce sera un remboursement à 100%», a-t-elle ajouté.

Jusqu’à un million de patients concernés

Toutefois l’accès à ces traitements restera encadré. Ils ne seront prescrits qu’à des patients souffrant d’obésité sévère, et uniquement sur ordonnance délivrée par un médecin exerçant dans une structure spécialisée, selon les textes publiés au Journal officiel. Le dispositif s’appuie sur les recommandations de la Haute Autorité de santé. «Il a été décidé de rembourser ces médicaments pour les personnes avec une obésité sévère, avec un indice de masse corporelle à plus de 35 avec des comorbidités ou plus de 40. Ce sont les personnes susceptibles d'avoir une chirurgie, d'être opérées de cette obésité, et qui pourront avoir ces médicaments si le médecin juge qu'il faut les prescrire», a expliqué la ministre.

Selon les estimations du ministère, environ un million de personnes pourraient être concernées par ce dispositif. «Cela ne veut pas dire que tout le monde aura le traitement, car cela dépend des cas individuels et des prescriptions du médecin», a souligné Stéphanie Rist. Une nouvelle prise en charge qui pèsera évidemment sur les finances publiques : son coût est évalué à environ «une centaine de millions d'euros en année pleine, c'est-à-dire une fois qu'on aura la montée des prescriptions», selon la ministre.