
Fromage de chèvre au lait cru, saucisse de Montbéliard, mousse au chocolat Marie Morin, maïs Bonduelle, biscuits Gerblé... Cette liste ressemble à un menu de pique-nique. Sauf que c’est sur un autre type de tableau que ces produits ont défilé : celui des rappels en urgence pour risques sanitaires. Bactéries, contaminations, présence d‘un corps étranger… Nombreuses sont les raisons de telles alertes.
Pourtant, les marques, responsables de la qualité et de la sécurité des produits qu’elles mettent sur le marché, redoublent de vigilance. Contrôles à chaque étape de la production, analyses régulières, processus qualité... tout est censé être verrouillé. Mais, comme partout, le système a des failles.
Alors quand des articles à risques passent entre les mailles du filet, deux scénarios se déclenchent : le retrait, qui vise à retirer immédiatement les produits des rayons des magasins ; ou le rappel, qui oblige la marque à informer le consommateur via des affichages en points de vente, sur les plateformes e-commerce des distributeurs et, depuis 2021, sur le portail gouvernemental rappel-conso.fr. «En moyenne, il y a eu environ 2 000 retraits et 2 000 rappels en 2024, des chiffres stables d’une année sur l'autre», indique la Direction générale de l’Alimentation, qui dépend du ministère français de l'Agriculture et de l'Alimentation. Il s’agit tout de même de cinq articles incriminés chaque jour !
15 000 à 20 000 hospitalisations par an
Si le système vise à prévenir les risques, il n’empêche que l'Agence nationale de santé publique, un établissement placé sous la tutelle du ministère chargé de la santé, estime que chaque année, près d’1,2 million de Français souffrent d'infections alimentaires. Parmi eux, de 15 à 20 000 personnes seraient même hospitalisés. «À partir de cas groupés de malades, nous investiguons pour détecter, ou non, la présence d’une bactérie comme E.Coli, la listéria, ou encore la salmonelle», indique Santé Publique France. Heureusement, les cas graves restent isolés en France, à l’exception de certaines affaires. Notamment, en février 2022 avec les pizzas Buitoni contaminées à la bactérie E.Coli, qui ont conduit au décès de deux enfants.


















