Une certaine panique est-elle en train de s’installer parmi les parents de nourrissons ? Depuis le début du mois de janvier, plusieurs lots de lait infantile du groupe Nestlé ont été rappelés en raison de la présence potentielle de céréulide, une toxine d’origine bactérienne produite par le micro-organisme «Bacillus cereus». Dans la foulée, le groupe Lactalis a également rappelé des lots de lait et deux enquêtes judiciaires ont été ouvertes à la suite du décès de nourrissons ayant consommé du lait Guigoz (Nestlé). Ce vendredi soir, on apprenait également que le groupe Danone élargissait son rappel de lait infantile à d’autres marchés «ciblés» concernant «un nombre très limité de lots spécifiques».

Deux lots français sont tout de même concernés (Gallia Calisma Relais 1er âge et Blédilait 1er âge). Plus tôt dans la semaine, le groupe avait fait bloquer plusieurs lots par les autorités de Singapour. De quoi faire peur aux parents qui utilisent ce genre de lait pour leurs enfants. Invitée du plateau de BFM ce vendredi matin, la ministre de la Santé a appelé à ne pas céder à la panique, rappelant notamment que «tous les industriels qui se sont fournis avec cette huile ont retiré leurs lots dans beaucoup de pays».

Ne pas aller chez le médecin dès le moindre symptôme

Et Stéphanie Rist de préciser que «tous les lots concernés ont été retirés du marché». Plus globalement, la ministre a confirmé que son ministère était en alerte et «en surveillance», appelant les parents à bien vérifier les lots qu’ils possèdent. Comment ne pas céder à la panique ? Notamment en n’allant pas aux urgences ou chez le médecin dès le moindre symptôme. Pour rappel, la bactérie «Bacillus cereus» est responsable de troubles digestifs tels que diarrhées et vomissements chez les nourrissons.

«Si le lait a été consommé et qu'il y a des symptômes, on ne s'inquiète pas outre mesure : il y a beaucoup de gastro en ce moment par exemple», a mis en garde Stéphanie Rist. Toutefois, en cas de symptôme, la ministre de la Santé a invité à «consulter». En revanche, à l’inverse, si le lait a été consommé et qu’aucun symptôme n’a été décelé, «il n’y a pas de problème», a-t-elle ajouté. La ministre ajoutant sur BFM qu’«à l’heure où on se parle, il n’y a pas d’alerte scientifique».

La «présence potentielle» de la céréulide dans une huile végétale a mené à tous ces rappels de grands industriels. L’huile provient par ailleurs de Chine, ont révélé les autorités. A ce stade, aucun lien n’a encore été prouvé entre la contamination des laits infantiles et les décès de deux nourrissons à Angers et à Pessac, près de Bordeaux. Des analyses sont en cours pour tenter de faire la lumière sur ces deux décès précoces. En France, il n’existe seulement un laboratoire, rattaché à l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), accrédité pour détecter la toxine incriminée.