
Mardi soir, à 21h37 heure de Guyane (mercredi 2h37 à Paris), Ariane 6 a quitté le pas de tir de Kourou pour sa mission VA264. Cette dernière, comme le soulignent Les Echos, consiste à mettre en orbite les deux premiers satellites de météorologie MetOp-SGA, fabriqués par Airbus Defence and Space pour le compte d'Eumetsat et de l'Agence spatiale européenne. Ce tir marque déjà le troisième succès pour la fusée après son lancement inaugural en juillet 2024 et une première mission commerciale en mars dernier pour le ministère français des Armées.
Equipés de six instruments de pointe, dont le spectromètre infrarouge IASI-NG, ces satellites embarqués sur Ariane promettent des mesures de température, d'humidité, de vents et même de cendres volcaniques d'une précision «sans précédent» selon Arianespace. Ils doivent améliorer la fiabilité des prévisions météo. Deux autres exemplaires suivront en 2032 et 2039, bouclant une série destinée à remplacer la génération MetOp mise en service à partir de 2006.
Objectif : 9 à 10 tirs par an d'ici à 2027
Au-delà de cette réussite technique, l'enjeu est aussi industriel. ArianeGroup vise en effet un rythme de neuf à dix lancements annuels d’ici à 2027, soit le double de ce qu'offrait Ariane 5, tout en réduisant les coûts. Ce défi est indispensable pour tenir tête à SpaceX, qui domine largement le marché. Depuis janvier, la firme d'Elon Musk a signé 26 tirs sur les 45 réalisés dans le monde, majoritairement pour sa constellation Starlink. Mais la concurrence reste rude : la Chine affiche dix lancements depuis le début de l'année, la Russie trois, et l'Inde ainsi que le Japon un chacun. Face à ces mastodontes, Ariane 6 doit faire la démonstration de sa compétitivité.
Preuve que les efforts s'avèrent payants : les commandes affluent. Ariane 6 compte déjà 32 missions programmées jusqu'en 2028. Parmi elles, 18 tirs sont réservés par le projet Kuiper de Jeff Bezos, qui vise à déployer 3 000 satellites d'Internet haut débit pour concurrencer Starlink. Ces lancements viendront compléter ceux assurés par New Glenn, la fusée lourde de Blue Origin, inaugurée en janvier dernier.


















