
La zone de turbulences que connaît actuellement Boeing va-t-elle prendre fin ou un crash est-il inévitable ? Mercredi 23 octobre, le nouveau PDG de Boeing, Kelly Ortberg, révélait que le groupe se trouvait dans une «position difficile», dévoilant notamment une perte sèche de 6,17 milliards de dollars au troisième trimestre, et un chiffre d’affaires en recul. Néanmoins, il conservait sa mission de «remettre ce grand navire dans la bonne direction». Pour cela, le week-end dernier, la direction de l’avionneur et le district syndical 751 de l’IAM étaient parvenus à un accord «de principe» prévoyant une hausse de salaire de 35% sur quatre ans ainsi qu’une prime de signature plus élevée pouvant atteindre 7 000 dollars.
Mais alors que le vote pour ratifier cet accord se tenait ce mercredi, le syndicat des machinistes (The International Association of Machinists and Aerospace Workers), l’IAM, a annoncé que ses membres avaient rejeté cet accord à 64%, rapporte la BBC. Résultat : la grève, qui avait commencé le 13 septembre, se poursuit, et ce pour le 42e jour. «Après dix ans de sacrifices, il y a encore du pain sur la planche et nous espérons le faire en reprenant les négociations rapidement», a déclaré l’IAM. Elle constate que «la démocratie» a parlé parmi les travailleurs et surtout que c’est une «nouvelle preuve qu’il y a des conséquences quand une entreprise maltraite ses travailleurs année après année».
100 millions de dollars de pertes par jour de grève
Ce non à l’accord proposé samedi dernier est le deuxième refus après celui du mois de septembre où 95% des salariés avaient voté contre. Interrogé sur le sujet, le spécialiste de S&P Ratings, Ben Toscanos, souligne que l’entreprise «a beaucoup à récupérer tant sur le plan financier qu’opérationnel», mais il faut dans un premier temps régler le problème de la grève.
Pour son PDG, Kelly Ortberg, Boeing reste dans une position forte puisque l’entreprise aurait 5 400 commandes en attente. Il a ajouté : «C’est un grand navire qui prendra du temps à se remettre à flot, mais quand il le fera, il aura la capacité d’être encore grand.» Cependant, il a aussi averti qu’il serait difficile de relancer les usines rapidement même quand la grève sera terminée.
De son côté, le président de la plus grande branche de l’IAM, Jon Holden, a déclaré que ses «membres méritaient mieux», mais a assuré vouloir revenir à la table des négociations pour trouver une solution. En attendant, le mouvement de contestation se poursuit et coûte très cher à Boeing, environ 100 millions de dollars par jour. Depuis le début de la grève, la facture avoisinerait les 5 milliards de dollars rien que pour Boeing.


















