La Bourse a connu des trajectoires très divergentes selon les pays cette année. Depuis début janvier, Wall Street s’est envolée (pour la deuxième année consécutive), avec un bond de 27% pour le S&P 500, 18% pour le Dow Jones et 27% pour le Nasdaq 100, alors qu’en Europe, le CAC 40 s’est tassé de 1%. Une nette contre-performance de la Bourse de Paris par rapport au marché actions allemand (+21%) ou par rapport à la Bourse de Milan (+14%), qui s’explique notamment par le plongeon des actions des géants du luxe (LVMH et Kering notamment) et des cosmétiques (L’Oréal, qui a fondu de 23%) du CAC 40, ainsi que par la crise politique en France depuis le printemps dernier.

Alors que les actions américaines ont tenu la dragée haute aux actions françaises et européennes cette année, que nous réserve 2025 ? Pour l’heure, de nombreux investisseurs restent très confiants sur les perspectives de Wall Street, mais une certaine prudence est de mise. En effet, au vu des incertitudes actuelles, le risque pris par un investisseur sur les actions américaines n’est pas très bien rémunéré, juge Edmond de Rothschild, qui souligne que les niveaux de valorisation atteints actuellement par les actions américaines approchent de ceux de la bulle Internet du début du siècle.

En Bourse, la rémunération des actions américaines n’est pas assez attractive, comparée à celle des obligations d’Etat. Gare au Nasdaq, au Dow Jones et au S&P 500 pour 2025 !

L’écart de rémunération entre les actions cotées à Wall Street et les obligations d'Etat américaines (censé compenser le risque plus élevé inhérent aux actions, comparé à celui des titres d'emprunts d’Etat, placement sans risque de référence) est historiquement faible (il est retombé à ses niveaux du début des années 2000, soit un plus bas de plus de deux décennies). Et si les taux à long terme (la rémunération des obligations d’Etat) devaient encore augmenter, la rémunération des actions américaines serait encore moins attractive, en comparaison.

Ainsi, si les taux à 10 ans devaient se hisser vers la barre psychologique de 5%, cela affecterait les actions américaines, met en garde UBP. En particulier, si Donald Trump appliquait son programme (qui est globalement inflationniste), les taux à long terme pourraient bondir, ce qui serait en théorie particulièrement défavorable aux valeurs de croissance (un segment qui comprend les “Sept Magnifiques” : Nvidia, Apple, Meta, etc., NDLR), avertit à cet égard Edmond de Rothschild. Dans ces conditions, les actions des poids lourds américains de la high-tech risquent de décevoir (ou du moins de connaître un moins bon parcours que d’autres pans de la cote), en 2025.

CAC 40, DAX… La décote des actions européennes vis-à-vis des actions américaines est historique, opportunité ?

Alors que les actions européennes restent boudées par les investisseurs internationaux (et les craintes liées à la politique économique de Donald Trump - qui menace le Vieux Continent de droits de douane - et à la crise politique française n’arrangent rien), elles accusent désormais une décote de valorisation historique vis-à-vis de Wall Street (de l’ordre de 35%, selon Eleva Capital). Un pessimisme qui pourrait toutefois offrir des opportunités. «Sur les actions européennes, le scénario du pire est déjà bien intégré dans les cours de Bourse. Le pic de négativité sur l’Europe est sûrement atteint ou proche de l’être. Alors que la communauté financière n’attend plus rien de l’économie européenne (qui souffre de la comparaison avec l’économie américaine, actuellement), la moindre lueur d’espoir pour l’Europe, la moindre surprise positive aurait un impact positif pour les actions européennes (et donc pour le CAC 40, NDLR)», juge Edmond de Rothschild.

Quels catalyseurs possibles, pour le CAC 40 et la Bourse européenne ?

Le gérant d’actifs souligne en outre que les multinationales du CAC 40 et du marché actions européen sont davantage exposées à l’économie mondiale (qui devrait a priori bien se tenir en 2025) qu’à l’économie européenne. Les sociétés cotées européennes ont prouvé leur résilience et leur adaptabilité (face aux problèmes logistiques, aux retombées de la guerre en Ukraine…) ces dernières années, juge Edmond de Rothschild. Et la baisse attendue des taux directeurs de la Banque centrale européenne (BCE) devrait avoir un impact positif. Dans ces conditions, les actions européennes, «sous-détenues par les investisseurs, délaissées et sous-évaluées» ont toute leur place au sein d’un portefeuille d’actions diversifié…

Par ailleurs, certains catalyseurs positifs pourraient éventuellement se mettre en place au cours des prochaines trimestres, pour le CAC 40 et les actions européennes. Edmond de Rothschild évoque à cet égard l’éventuel lancement d’un plan de relance économique en Allemagne (surtout en cas de coalition gouvernementale pro business, qui pourrait faire sauter les verrous budgétaires), un plan de relance plus musclé en Chine (surtout si Pékin se sent menacé par la guerre commerciale de Donald Trump), ou encore la possible fin de la guerre en Ukraine. En particulier, si Pékin devait mettre en œuvre des mesures de soutien ciblant particulièrement le consommateur chinois, les géants du luxe du CAC 40 (LVMH, Kering, etc.) devraient en profiter. Le secteur du luxe semble avoir déjà mangé son pain noir, aux yeux d’Edmond de Rothschild, qui juge que les analystes financiers ont fini de réviser en baisse leurs estimations de bénéfices pour les acteurs du compartiment.

Quels secteurs ou thématiques privilégier en Bourse ?

Alors que le dollar a envoyé des signes de force face à l’euro et pourrait encore continuer sur sa lancée, on peut s’intéresser aux actions des belles sociétés exportatrices du CAC 40 et des Bourses européennes. Par ailleurs, on peut aussi privilégier les actions du secteur de la cybersécurité, qui profitent de la montée des incertitudes (au niveau mondial) et ne sont pas affectées par les problèmes persistants sur la chaîne logistique mondiale, fait valoir Edmond de Rothschild. Autre piste à considérer, les actions du secteur de la défense, qui n’intègrent pas encore le scénario d’une nouvelle guerre froide sino-américaine ni la hausse structurelle prévisible des dépenses militaires des grandes puissances européennes, fait valoir UBP.

Enfin, les actions des sociétés suisses (aux qualités réputées défensives) et nordiques «constituent un refuge» pour les investisseurs, en Europe, juge UBP. A cet égard, la Bourse de Zurich fait la part belle aux géants de la santé (Roche, Novartis) et de l'agroalimentaire (Nestlé). Or, certains laboratoires pharmaceutiques font «des pas de géants» grâce à l’apport notable de l’intelligence artificielle (qui accélère la découverte de médicaments), souligne Edmond de Rothschild. Momentum, la lettre d’investissement premium quotidienne de Capital sur la Bourse, a su faire les bons choix cette année. Notre sélection d’actions en Bourse a fait nettement mieux que le CAC 40. En optant pour un abonnement annuel, 5 mois sont offerts. Pour en profiter, il suffit de cliquer sur le lien inséré plus haut dans cet article.