
Comme cela était largement attendu, la Banque centrale européenne (BCE) a abaissé de 25 points de base (0,25 point de pourcentage) ses trois taux directeurs le 17 avril, le taux de dépôt passant à 2,25%. Il s’agit ici de la troisième baisse de taux de la BCE en 2025 alors que la Fed a laissé ses taux inchangés cette année pour le moment. Il y a donc déjà une divergence entre les deux institutions or celle-ci pourrait être encore un peu plus forte à court terme.
Alors que quelques membres du Conseil des gouverneurs de la BCE avaient manifesté leur peu d’empressement à baisser les taux directeurs en avril, le ton employé par Christine Lagarde a été plus accommodant que prévu principalement pour deux raisons : la baisse «marquée» de l’inflation liée aux services, qui avait beaucoup inquiété le Conseil sur les derniers mois, et le fait que «les réactions de marché aux tensions commerciales ait conduit à un durcissement des conditions financières».
Les droits de douane affecteront la croissance, avertit la BCE, plus incertaine sur l’inflation
L’élément central de la conférence de presse de Christine Lagarde a porté sur l’évaluation de l’impact des tensions commerciales sur l’économie européenne. Si la BCE anticipe bien qu’elles joueront négativement sur la croissance, elle estime que les effets des droits de douane sur l’inflation sont beaucoup plus incertains. En effet, Lagarde a souligné que la baisse des prix de l’énergie, l’appréciation de l’euro et le possible reroutage des exportations chinoises vers l’Europe risquaient de jouer à la baisse sur l’inflation de la zone euro.
C’est là une divergence majeure par rapport à la Fed car les membres de cette dernière affichent une anticipation unanime que les tensions commerciales feront monter l’inflation aux Etats-Unis, au moins de façon temporaire. Ainsi, la Fed préfère prendre son temps à court terme afin de voir sur lequel de ses deux objectifs sera davantage perturbé par les tensions commerciales : stabilité des prix ou plein-emploi ?
La BCE a sous-entendu qu’une baisse des taux de 0,5 point avait été évoquée
Pour revenir à la BCE, Christine Lagarde a indiqué que la décision d’une baisse de 0,25 point de pourcentage avait été unanime, même si elle a sous-entendu qu’une baisse de 0,5 point avait brièvement été évoquée. Elle a aussi indiqué qu’évaluer si la politique monétaire de la BCE était encore restrictive n’avait pas de sens car «les taux neutres ne fonctionnent que dans un monde sans choc». En creux, Christine Lagarde indique que les taux neutres ont peut-être baissé à cause des chocs récents, ce qui constitue là aussi un élément dovish (colombe, favorable à une politique monétaire accommodante, NDLR).
















