Enfin une bonne nouvelle pour les Bourses européennes ? Ce jeudi 17 avril, le conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) a acté une nouvelle baisse de 0,25 point de ses principaux taux directeurs, la septième depuis le 6 juin 2024. Une décision de nature à réjouir les candidats à l’achat immobilier, qui devraient voir le coût de leur crédit baisser. Mais aussi, du moins à première vue, pour les investisseurs en Bourse. La baisse des taux directeurs est en effet généralement favorable aux cours des actions. Un coup de pouce qui serait plus que bienvenu dans le marasme boursier déclenché par les annonces de Donald Trump sur les droits de douane.

«D'un point de vue financier, le cours boursier des actions est déterminé par les attentes sur le niveau des dividendes futurs», explique Eric Dor, directeur des études économiques à l'IESEG. Or, quand les taux directeurs baissent, l'espérance de dividendes futurs augmente. Car ce qui est vrai pour les emprunteurs l'est aussi pour les entreprises : avec un coût du crédit qui baisse, les entreprises cotées en Bourse peuvent financer plus facilement - et à moindre coût - leur activité et leur croissance future, avec, à la clef, une potentielle rémunération accrue des actionnaires.

«Un rebond des actions est illusoire»

Voici pour la théorie. Mais avec le krach boursier déclenché par les annonces de Donald Trump le 2 avril dernier, ce nouvel abaissement des taux directeurs ne devrait pas avoir la même portée qu'à l'accoutumée : «Un rebond des actions est illusoire, tant qu’il n’y aura pas de retour durable de la liquidité. Actuellement, les volumes d'échanges sont très faibles, au niveau de ce qu'ils étaient en mars 2020, en pleine crise de la Covid-19», affirme Christopher Dembik, conseiller en stratégie d'investissement chez Pictet AM. Autrement dit, le niveau d'incertitude économique est si élevé qu'il y a très peu de demandes sur les marchés financiers pour les titres (actions, obligations) des entreprises. Or, quand la demande d'un actif est faible, sa valeur est plombée.

Logique, pour Eric Dor : «Les incertitudes sont si fortes sur les débouchés futurs des entreprises, en particulier des grandes entreprises exportatrices cotées en Bourse, que la baisse du coût de crédit va avoir peu d'impact.» Pour Christopher Dembik, «il est probable que cette situation perdure tant qu’il n’y aura pas de visibilité concernant la guerre commerciale américaine». De ce point de vue, il faudra regarder du côté des négociations qui démarrent entre le Japon et les Etats-Unis sur les droits de douane, et qui pourraient rassurer les investisseurs sur la suite des événements, indique l'économiste.

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