
TeraFab - pari mégalomane - est-il «un coup de génie stratégique d’Elon Musk ou de l’hubris (orgueil et démesure, NDLR) industriel ?», se demande James D. Touati (dit le Loup de Zurich), consultant, formateur, trader et président-fondateur de The Nest, interrogé par Capital. Alors qu’Elon Musk, le fondateur de Tesla et de SpaceX, veut fabriquer ses propres puces, le secteur des semi-conducteurs «dit bonne chance au multimilliardaire, car cela revient pour lui à décider de jouer en NBA sans avoir jamais touché un ballon !», ironise le consultant.
Sur le papier, le projet TeraFab d'Elon Musk est certes brillant ! Fabriquer des puces qui rendraient Tesla, SpaceX et xAI presque totalement indépendants des TSMC (titan taiwanais des semi-conducteurs), Samsung et autres géants, une capacité de production de 100 à 200 milliards de puces par an, en 2 nanomètres, avec une efficacité énergétique annoncée jusqu'à 3 fois supérieure aux Blackwell de Nvidia. Autrement dit : «Elon Musk veut bâtir sa "propre" centrale nucléaire de calcul" pour alimenter voitures autonomes, robots Optimus, et IA maison à tous les étages», résume l’expert.
En Bourse, le rêve TeraFab d’Elon Musk pourrait être un cauchemar pour les investisseurs en actions Tesla !
L'ambition est claire : ne plus dépendre du délai des autres, ni de leurs prix, ni de leurs priorités. Sur du long terme, si cela fonctionne, cela sera un avantage stratégique monstrueux pour les entreprises de la galaxie Elon Musk. Mais entre l'idée sur un Powerpoint et des puces qui sortiront à la chaîne, il y a encore du chemin et le rêve TeraFab pourrait être un cauchemar pour les investisseurs en Bourse à cause de problèmes majeurs liés à l'exécution, met en garde le Loup de Zurich.
Le rêve TeraFab d’Elon Musk présente des risques techniques. Fabriquer des puces, ce n'est pas assembler une Tesla ou des Lego, «ce sont plus de 2 000 etapes-process ultras fins avec un niveau de précision atomique, et des décennies de savoir-faire accumulés, ainsi qu'une culture industrielle que même Intel a parfois du mal à suivre», fait valoir James D. Touati. Tesla et Space n'ont aucune expérience directe dans la fabrication de puces. 2 nm, c'est le sommet de la pyramide, «terrain réservé à TSMC et Samsung, donc on ne commence pas l'alpinisme par l'Everest ! Les profils ayant 20 à 30 ans d'expérience dans ce domaine ne courent pas les rues et ils sont extrêmement bien payés ailleurs. Il y a une saturation de commandes pour les machines EUV d'ASML, indispensables pour ce genre de gravure», indique le consultant. Elon Musk a l'habitude de casser les codes industriels, mais là, il s'attaque au secteur le plus exigeant, le plus capitaliste et le plus impitoyable du monde : celui des semi-conducteurs.
Tesla : le risque financier (un budget de 25 milliards de dollars au minimum) et les risques d'exécution du projet Terafab
Pour un projet du genre de Terafab, «les budgets finissent toujours par exploser à cause de problèmes techniques, d'optimisation de rendements, de retards sur les équipements, etc… Pour financer Terafab, il faudrait ouvrir le capital donc diluer les actionnaires», fait valoir l’expert. Le marché ne s’y trompe pas et a déjà sanctionné en Bourse les actions Tesla, qui ont chuté juste après l'annonce. Elon Musk voit le futur mais les investisseurs en Bourse font leurs comptes dans le présent !!!
Pour TeraFab, aucun calendrier n' a été annoncé, seulement de grandes lignes, des volumes, de la puissance de calcul, mais peu de chose sur le "Quand ?" et le " Comment ? Ajoutons à cela «un objectif démesuré qui vise 70% de la capacité actuelle du titan taiwanais des semi-conducteurs TSMC, où même les meilleurs du secteur se casseraient les dents», souligne le Loup de Zurich.
Avec Terafab, Elon Musk pourrait obtenir un gros avantage coûts pour Tesla ! Mais de nombreux défis à relever
Pendant que Elon Musk rêve de Terafab, Tesla vend moins de voitures, car la concurrence chinoise est là. L'automobile reste le cash flow de base de l'entreprise, et «si ce pilier s'effondre, financer Terafab devient compliqué dans l'équation. Et Nvidia dans tout ça ? C'est là que ça devient intéressant pour le marché !», souligne le Loup de Zurich. TeraFab, c'est un pari de puces 10 fois moins chères que les GPU de Nvidia. L'idée est simple : Pour alimenter voitures, robots, satellites, vous n'avez pas besoin du niveau de performances des puces Nvidia.
Si Elon Musk réussit le pari Terafab, «il réduit fortement la facture avec Nvidia, il verrouille son écosystème et il gagne un avantage de coût massif sur véhicules Tesla, robots et systèmes IA. A court terme, Nvidia ne tremblera pas car : 1) 80% du marché des accélérateurs IA est chez eux, 2) c'est une forteresse logicielle au niveau des CUDA et 3) les gros clients cloud de Nvidia n'ont aucune raison de partir pour un pari encore théorique», relève le consultant. TeraFab est un coup de poker, et si Elon Musk gagne, il change les règles du jeu. Mais «se battre contre la physique, la complexité industrielle et la réalité comptable reste un pari risqué et onéreux», met en garde le Loup de Zurich.
Quel potentiel en Bourse pour les actions Tesla, selon l’analyse technique et l’analyse financière ?
Selon Wedbush Securities, le projet Terafab d’Elon Musk, qui pourrait augurer une fusion entre Tesla et SpaceX en 2027, pourrait faire de la galaxie Elon Musk un géant de l’IA. Mais de nombreux courtiers sont dubitatifs sur les perspectives des actions Tesla, en Bourse. Barclays juge en effet que le cours de Bourse de Tesla est proche de son juste prix, tandis que HSBC est bien plus pessimiste sur les perspectives des actions Tesla. A l’inverse, Wedbush Securities et Royal Bank of Canada voient du potentiel à moyen terme pour les actions Tesla.
Alors que la communauté financière est très divisée sur le potentiel en Bourse des actions Tesla selon l’analyse financière, que dit l’analyse technique (analyse graphique et mathématique de l’évolution du cours de Bourse, qui vise à acheter et vendre des actions à de bons timings) sur les perspectives de Tesla en Bourse ? Réponse dans Momentum, la lettre d’investissement premium quotidienne de Capital sur la Bourse, basée sur l’analyse technique et l’analyse financière. Nos lecteurs ont été prévenus à temps ce mois-ci du risque élevé de plongeon en Bourse des actions Tesla. Et notre sélection d’actions en Bourse a rapporté bien plus que le CAC 40 depuis le lancement de notre lettre d’investissement en 2021. Et en faisant le choix d’un abonnement d’un an, 5 mois sont offerts. pour en profiter, il suffit de cliquer sur le lien ci-après.



















