La Bourse de Paris hésite sur la marche à suivre ce mardi 28 avril, à la veille de deux jours d'annonces qui vont faire bouger les marchés, à savoir les résultats des géants de la tech aux Etats-Unis et les réunions des banques centrales. A 10h35, après des débuts hésitants, l'indice CAC 40 progressait de 0,15%, soit un gain de 13,19 points à 8 155 points. La veille, il avait reculé de 0,19%, soit une perte de 15,90 points à 8 141,92 points. L'indice vedette parisien avait pourtant commencé la journée en légère hausse avant que le scepticisme ne reprenne le dessus.

Prise de bénéfices ou prise de risques ? Les investisseurs semblent hésiter face aux incertitudes au Moyen-Orient, qui provoquent une nouvelle flambée des prix du pétrole. Une nouvelle proposition iranienne pour débloquer le détroit d'Ormuz est «en cours d'examen», a indiqué la porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, après parution d'informations de presse selon lesquelles Téhéran a fait une nouvelle offre via les médiateurs pakistanais.

La Bourse sous tension entre flambée du pétrole et tech américaine

Faute de réouverture du détroit d'Ormuz, le prix du baril Brent de la mer du Nord, référence du brut en Europe, a de nouveau franchi mardi matin le seuil des 110 dollars, s'inscrivant à 110,98 dollars (+2,54%). Les marchés attendent par ailleurs la publication des résultats des géants de la tech aux Etats-Unis (Alphabet, Amazon, Meta et Microsoft mercredi, Apple jeudi). Ils ont assuré la bonne santé des marchés depuis la guerre lancée contre l'Iran par les Etats-Unis et Israël fin février.

Avec Anthropic, Open AI et d'autres, les groupes de la Sillicon Valley portent les espoirs de retour sur investissement dans l'intelligence artificielle (IA), dont le développement soutient à son tour le marché des micro-processeurs (l'action de STMicroelectronics progressait encore de 1,50% mardi matin parmi les valeurs du CAC 40). «L'intelligence artificielle entre dans une phase charnière. Les investisseurs cherchent désormais à distinguer les futurs gagnants des acteurs qui pourraient être mis sous pression», a souligné Laurent Denize, directeur des investissements chez Oddo BHF AM. «S’il n’existe pas, à ce stade, de signes évidents d’un éclatement imminent de la bulle de l’IA, le risque de surinvestissement ne cesse de croître», a-t-il ajouté.

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La Bourse suspendue aux décisions de la BCE

Les investisseurs attendent aussi la conférence de presse jeudi de la présidente de la Banque centrale européenne (BCE) Christine Lagarde. La cheffe de file des banquiers centraux européens ne devrait pas annoncer de relèvement du taux directeur de la BCE face aux risques d'inflation. «Mais chaque mot sera scruté pour détecter un éventuel changement de ton face à ce choc énergétique persistant», a estimé John Plassard, analyste de Cité Gestion.

«Or, cette incertitude monétaire a un impact direct sur la valorisation des marchés actions, et en particulier sur les valeurs technologiques qui restent le moteur principal de la performance récente», a-t-il noté. Signe de tension, le taux d'intérêt de la dette française à dix ans affichait un rendement de 3,73%, contre 3,68% lundi. Le Bund allemand atteignait 3,07% contre 3,03%.