Le distributeur Carrefour a décidé de renouveler son PDG Alexandre Bompard au-delà de 2026 et de vendre l'intégralité de ses activités en Italie, un nouveau chapitre de son recentrage stratégique afin d'améliorer sa rentabilité, a-t-il annoncé jeudi à l'occasion des résultats du premier semestre. «À l'unanimité» : Alexandre Bompard, à la tête de Carrefour depuis 2017, va être renouvelé à son poste de PDG après 2026, après le vote du conseil d'administration du géant français de la distribution jeudi. «Honoré de la confiance renouvelée», selon le communiqué de Carrefour, Alexandre Bompard va poursuivre ses travaux pour redresser le groupe, dont les magasins sous enseigne emploient 500.000 personnes dans le monde.

À cet effet, autre annonce du jour : Carrefour va quitter l'Italie et céder ainsi ses quelque 1.200 magasins à la société agroalimentaire italienne NewPrinces Group. Le groupe avait annoncé en début d'année effectuer une «revue de portefeuille» pour éventuellement se séparer de ses actifs les moins rentables. La cession de Carrefour Italie se fera à un «prix symbolique», a précisé le directeur exécutif finances et gestion du groupe, Matthieu Malige, lors d'un point presse téléphonique, mentionnant les pertes importantes de cette branche qui a plombé la trésorerie en 2024. La filiale italienne a réalisé 4,2 milliards d'euros de chiffre d'affaires, soit environ 4% des ventes du groupe. «L'impact de l'opération sur la trésorerie du groupe est estimé à -240 millions d'euros, tenant compte de la contribution financière de Carrefour pour accompagner le projet de reprise», est-il précisé.

La vente des activités italiennes à NewPrinces Group, qui pourrait être finalisée «d'ici la fin de l'année 2025» selon Carrefour, évite deux écueils, explique-t-on au sein du groupe: une vente à la découpe et le risque «antitrust». En effet, une vente de Carrefour Italie à un acteur majeur du secteur aurait pu entrainer un veto de l'autorité de la concurrence italienne.

Quête de rentabilité

Avec cette cession à un acteur italien modeste de l'agroalimentaire, Carrefour affirme améliorer son «profil de croissance», sa «rentabilité» et sa «trésorerie», a indiqué Matthieu Malige. Car côté résultats, si le groupe affirme à travers M. Malige «aborder le second semestre avec confiance" et "confirme ses objectifs pour l'année prochaine», le bénéfice net demeure en baisse de 33% par rapport au premier semestre de 2024, à 210 millions d'euros. L'entreprise préfère mettre en avant la hausse de son chiffre d'affaires, qui progresse de 3,7% à près de 46,56 milliards d'euros sur le premier semestre, portée selon elle par «une accélération de l'activité et une reprise des volumes au deuxième trimestre en France et en Europe».

En France, sur les six premiers mois de l'année, les deux premiers trimestres ont connu des trajectoires divergentes: un chiffre d'affaires en baisse de 1,7% sur janvier-février-mars, et une hausse de 2,1% au deuxième trimestre. Autre signal encourageant pour Carrefour, le bénéfice opérationnel courant, bon indicateur de la rentabilité des activités, grimpe de «plus de 20% à périmètre constant» en France, souligne Matthieu Malige. Il connait aussi une bonne dynamique en Espagne et au Brésil, deux autres marchés importants pour Carrefour, souligne de son côté Alexandre Bompard.

Deuxième distributeur français derrière E.Leclerc, Carrefour, qui a intégré l'année dernière les magasins Cora et Match, a «gagné des parts de marché», se félicite le PDG. Mais l'enseigne reste à bonne distance du numéro un dans les différentes études récemment publiées. Ombre au tableau pour Carrefour : la faible croissance de ses marques distributeur dans l'alimentaire. L'enseigne cible 40% de ventes en marques distributeur en 2026 pour ses produits alimentaires, or, elle plafonne encore à 37,4% à la fin du premier semestre 2025, contre 37% il y a six mois. À un tel rythme, l'objectif ne peut être atteint.