
Alors que l’inflation se stabilise en France, Alexandre Bompard, PDG de Carrefour, dresse un état des lieux nuancé de la situation dans les grandes surfaces. Sur RTL, mercredi 2 juillet, il affirme que pour «95% des prix, on n'est pas en baisse mais on est sur une stabilisation autour de +1% à +2%». Seuls quelques produits, liés à la hausse des matières premières comme le cacao ou le café, continuent de flamber. Mais hormis ces denrées, «l'immense masse des produits ont aujourd'hui une inflation zéro. C'est pour ça que la consommation repart à la hausse» se réjouit Alexandre Bompard.
Mais si l'état des lieux de la consommation est plutôt encourageant, tous les rayons ne sont pas logés à la même enseigne. C'est le cas de l'hygiène et de la beauté, secteur qui reste à la peine. Et pour le patron du géant de la distribution, la cause est toute trouvée : la loi Descrozaille. «La pire des lois, au pire des moments, lorsque l'inflation était à 20%, pour la pire des raisons, c'est-à-dire pour protéger le lobby de quelques groupes industriels», dénonce-t-il.
«Les consommateurs se sont privés de produits d'hygiène élémentaires»
Entrée en vigueur en 2023, cette loi portée par le député Renaissance Frédéric Descrozaille vise à rééquilibrer les relations commerciales entre distributeurs et industriels. L'un de ses volets limite à 34% les promotions sur les produits d’hygiène, de beauté et de droguerie, avec pour objectif d'éviter une guerre des prix qui fragiliserait certains fabricants. Mais pour Alexandre Bompard, cette mesure bride surtout le pouvoir d’achat des Français : «Les consommateurs, à cause de cette loi, se sont privés de produits d'hygiène élémentaires». Alexandre Bompard avait demandé un moratoire, «on ne l’a pas obtenu à ce jour», regrette-t-il. En août 2023, le PDG avait en effet sollicité le ministre de l'Economie de l'époque, Bruno Le Maire, dénonçant «un tsunami de déconsommation». Une alerte restée vaine.



















