
Le vent est-il en train de tourner dans les cercles du pouvoir économique américain ? C'est ce que semblent révéler les signaux d'agacement de la part de dirigeants de grandes entreprises aux Etats-Unis, depuis l'instauration des nouveaux droits de douane sur les importations imposées par Donald Trump. Comme le souligne BFMTV, même Elon Musk, d’ordinaire peu critique à l’égard du président américain – et pour cause, il fait partie de son administration – a montré les premiers signes de désaccord.
Le patron de Tesla et de X a en effet relayé, dimanche, une ancienne vidéo de l'économiste Milton Friedman défendant le libre-échange, avant de plaider pour des droits de douane «nuls» entre les États-Unis et l’Union européenne. Un message à rebours de la rhétorique trumpiste. De son côté, Bill Ackman, fondateur de Pershing Square et soutien affiché de Trump en 2024, ne cache plus sa frustration. «Le président est en train de perdre la confiance des dirigeants d’entreprises à travers le monde», a-t-il écrit sur X. Il dénonce une «guerre économique mondiale» qui risque de «détruire la confiance» dans l’économie américaine. Et d’ajouter : «Ce n’est pas pour cela que nous avons voté.»
Le patron de JPMorgan Chase redoute une hausse de l'inflation
Même son de cloche chez Jamie Dimon. Le patron de JPMorgan Chase, jusqu’ici prudent, s’inquiète désormais de l’impact des droits de douane sur l’inflation et la croissance : «Il va probablement y avoir des effets de court terme importants», avertit-il, ajoutant que cette politique offensive allait «probablement augmenter l'inflation» et ralentir la croissance.
Ken Langone, fondateur de Home Depot, va plus loin : «Je ne comprends pas cette foutue formule» (servant de base au calcul des droits de douane), lâche-t-il au Financial Times, dénonçant des droits «trop élevés», notamment envers le Vietnam et la Chine. Pour Jim Rogers, cofondateur du Quantum Fund, «les droits de douane ne sont presque jamais bénéfiques».


















