
En lançant une véritable guerre commerciale le 2 avril dernier avec des droits de douane appliqués à de nombreux pays, mais en particulier à l’Europe et à la Chine, Donald Trump n’a pas agi au hasard. Ces droits de douane, il les pense depuis longtemps, poussé par certains de ses proches. Parmi eux, explique BFMTV, il y a Peter Navarro. A 75 ans, cet économiste a été directeur du White House National Trade Council puis de l'Office of Trade and Manufacturing Policy entre 2017 et 2021, avant de devenir le conseiller du président.
Peter Navarro, l’économiste loyal à Trump
Décrit comme le théoricien de cette idéologie douanière, il a écrit plusieurs ouvrages sur le déséquilibre commercial entre la Chine et les Etats-Unis, rappellent nos confrères. Il estime notamment que la Chine manipule sa monnaie, viole les règles sur le libre-échange et a déjà dénoncé «une forme pervertie de capitalisme d'État communiste». Fervent défenseur des droits de douane, il a aussi déclaré : «Nous nous faisons avoir par tout le monde.»
Loyal à Donald Trump, alors qu’il est démocrate à l’origine, il a même écopé de quatre mois de prison pour avoir refusé de comparaître devant la commission parlementaire enquêtant sur l’assaut du Capitole. Désormais conseiller en chef de Trump ? Peter Navarro est persuadé que les droits de douane seront efficaces, comme lorsqu’il expliquait sur Fox News que les entreprises étrangères «baisseraient leurs prix pour absorber les droits de douane». En dix ans, il a même évoqué un gain potentiel de 6 000 milliards de dollars.
Scott K. H. Bessent, l’homme d’affaires anti-Chine et Europe
Mais Peter Navarro n’est pas le seul à être écouté par le président américain. Désigné secrétaire au Trésor, Scott K. H. Bessent est à 62 ans un homme d’affaires avisé et gestionnaire de fonds spéculatifs. Déjà conseiller économique pour la campagne présidentielle de Donald Trump, il n’a eu de cesse de dénoncer les «déséquilibres économiques et les politiques injustes de la République populaire de Chine».
Egalement anti-Européen, dont il dénonce l’économie «surréglementée et surendettée», Scott K. H. Bessent défend une théorie, indique BFMTV, celle du 3-3-3 : trois millions de barils de pétrole en plus chaque jour, croissance stimulée à 3% et réduction du déficit budgétaire à 3%. C’est lui aussi qui encaisse toutes les critiques depuis une semaine et ne cesse de justifier la politique fiscale ou une inflation qui sera maîtrisée. Il estime aussi que les marchés sont trop «euphoriques».
Howard Lutnik et les droits de douane «agressifs»
Enfin, il reste un homme : Howard Lutnik. A 63 ans, cet homme d'affaires milliardaire qui a succédé à Bernard Cantor à la tête de Cantor Fitzgerald, est aujourd’hui le secrétaire au Commerce. Suivant un discours dicté par Donald Trump, il estime qu’il «est temps de rendre à l’Amérique sa grandeur» et a déjà fait un comparatif avec les années 1900 où «il n’y avait pas d’impôt sur le revenu».
Pourtant, selon lui, «l’État vivait uniquement des droits de douane et le pays regorgeait d’argent». Epaulé par l’avocat en droit commercial Jamieson Greer, il est accusé de pousser Trump à des droits de douane toujours plus «agressifs», selon une source à la Maison-Blanche. Peut-être ce qui encourage aujourd’hui Donald Trump à vouloir imposer 104% de taxes douanières à la Chine.



















