L’Europe prépare sa riposte aux droits de douane annoncés par Donald Trump le 2 avril, mais des arbitrages doivent encore avoir lieu cette semaine. Si des mesures de rétorsion sont d’ores et déjà envisagées, l’UE a proposé lundi 7 avril «des droits de douane nuls pour les produits industriels», se disant «ouverte à un accord». Mais la proposition a été balayée d’un revers de main par le président américain quelques heures plus tard, jugeant que ce n’était «pas suffisant» et que l’Europe s’était «très, très mal conduite avec nous (les Etats-Unis)».

Les discussions sont-elles dans une impasse ? Invité de LCI lundi après-midi, l’ancien PDG de la SNCF et d’Airbus, et aujourd’hui co-président de la Fabrique de l’industrie, Louis Gallois, laisse entendre que la réponse européenne se fait trop attendre. «Qu’est-ce que l’on va faire aujourd’hui ? Il faut se préparer à la négociation, nous ne sommes qu’au début», a-t-il déclaré, jugeant que Donald Trump avait annoncé ces tarifs douaniers «pour créer un choc et se mettre en position de force».

Taxer les plateformes numériques ou les médicaments ?

Cependant, quelle stratégie adopter pour contrer ces droits de douane ? Là encore, Louis Gallois met en garde : il ne faut pas faire n’importe quoi et surtout pas «riposter exagérément sur les tarifs douaniers». Pourquoi ? Car l’Europe importe essentiellement du gaz donc «se pénaliserait» avec d’énormes taxes en retour. Mais encore une fois, l’ancien PDG d’Airbus presse l’Europe à prendre une décision rapidement : «Il ne faut pas hésiter à annoncer les éléments assez vite pour que Trump comprenne qu’il y a en face des interlocuteurs qui ont décidé de ne pas mordre la poussière face à lui.»

Sur quoi peut-on alors agir ? La «fiscalité des plateformes numériques», par exemple, mais il y a également d’autres leviers, laisse entendre Louis Gallois. Il cite le cas des médicaments fabriqués en Irlande par les laboratoires Pfizer ou Lilly et importés ensuite par les Etats-Unis. «Seront-ils taxés ?», interroge l’ancien patron de la SNCF, pour qui Donald Trump pourrait encore un peu plus «alourdir les coûts de la santé aux Etats-Unis».

Autant d’éléments qui font partie des choses à regarder pour répondre aux taxes douanières américaines. «Il faut des éléments forts et structurants, car Trump ne comprend que ça. Il ne comprend que le rapport de force et la transaction», a rappelé Louis Gallois sur LCI. A ce stade, c’est à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, de prendre la parole, selon lui.

La hausse des droits de douane imposée par Donald Trump prend effet ce mercredi 9 avril 2025 pour l’Union européenne. Retrouvez en direct toutes les annonces et réactions sur beincrypto1.de.