
Pierre Martinet va passer la main, mais pas à sa fille. Le patron français va vendre l’entreprise qui porte son nom, 56 ans après l’avoir fondée. Le géant du poulet LDC va acquérir la société, marquant ainsi la fin d’une aventure familiale. «Le Traiteur Intraitable» a décidé de vendre son affaire plutôt que de passer le flambeau à sa fille de 24 ans. L’envie était là, mais les circonstances ne l’ont pas permis, comme il l’a expliqué à France Bleu Isère, le 29 mai 2024 : «Je vais fêter mes 77 ans. Ma fille n'est pas prête à prendre la suite.» Pourtant, il se rappelle encore que lorsqu’elle avait trois ans, «elle disait "Je serai la patronne de mon papa"». Il confie donc que c’est «ça qui la blesse un peu».
Le jeune âge de sa fille ne lui permet pas, d’après son père, de gérer le mastodonte qu’est désormais l’entreprise Pierre Martinet. «Ce sont 700 personnes et cinq usines à gérer. Avec une présence au Portugal, en Espagne, en Belgique, au Luxembourg, etc.», détaille celui qui reste le patron jusqu’à la vente. D’une boucherie-charcuterie dans l’Ain rachetée en 1968, Pierre Martinet a fait de son entreprise un groupe au chiffre d’affaires de plus de 230 millions d’euros en 2023 et aux cinq sites de production dans l’hexagone.
Pas encore de signature
L’acquéreur, Lambert Dodard Chancereul (LDC), est l’un des mastodontes de l’agroalimentaire français. L’entreprise est spécialisée dans la transformation et la commercialisation de tout type de volailles. Si LDC ne dit forcément grand-chose au plus grand nombre, les consommateurs connaîtront certainement les différentes entreprises que compte le groupe, telles que Loué, Marie ou encore Le Gaulois. Pierre Martinet permettra d’avoir une marque de renom supplémentaire dans son escarcelle. Toutefois, rien n’est encore signé. Pierre Martinet se veut tout de même confiant. «Nous sommes en négociations. Ce n'est pas signé mais ça devrait l'être. Cette négociation est bien avancée», assure-t-il.


















