«DIV Protocol, c’est un drive. Ça peut s’apparenter à Google Drive du point de vue client». Derrière cette explication très simple par son cofondateur Gaspard Bonnot, se cachent une interface et un algorithme maison qui garantit le chiffrement et la souveraineté des données. «On vise une souveraineté française et européenne. C’est un enjeu contemporain tellement important qu’on ne pouvait pas l’ignorer», ajoute Solan Despres, l'autre cofondateur de DIV Protocol. L’idée est née de la passion de Gaspard pour la tech et le Web3 : «Une fois que j’avais une esquisse de ce que je voulais faire, j’ai demandé à Solan de me rejoindre. La partie tech, c’est quelque chose qui l’intéressait aussi. C’est comme ça qu’on s’est lancé

Convaincre malgré la jeunesse et le manque de capital

«À seize ans, on n’avait pas d’argent, pas de fonds propres et on ne pouvait pas créer de société en France», se souvient Solan. Loin de s’avouer vaincus, les deux entrepreneurs ont passé des mois à peaufiner leur projet et à réseauter, jusqu’au jour où ils ont pu lancer une levée de fonds à la création de l’entreprise. Un résultat plus que positif puisqu'ils ont «terminé la levée en deux jours. C’était phénoménal pour nous. Ça nous a donné un vrai coup de boost», explique Solan. Convaincre de grandes entreprises de confier leurs données à deux adolescents n’a pas été simple. Les deux fondateurs admettent que «voir un jeune qui vient te vendre une assurance pour tes données, c’est difficile à croire». Mais ils savent que leur jeunesse est aussi un avantage : «Notre jeune âge nous permet d’expérimenter et d’apprendre, mais il faut le faire correctement. On ne peut pas monter une boîte à seize ans avec seulement des personnes de seize ans. Il faut allier expérience et fougue», précisent-ils.

Un cadre juridique encore trop rigide ?

Pour Gaspard et Solan, la plus grosse difficulté ne résidait ni dans la technique, ni dans le modèle économique, mais bien dans la création de leur société. «On ne peut pas monter une entreprise en étant mineur. On a envisagé des solutions comme l'émancipation ou mettre la société au nom de mon père, mais au moment de signer, on réalise vite que ce n'est pas la bonne approche», explique Gaspard avec une pointe de frustration. «La question de quitter la France s'est même posée à deux reprises» ajoute-t-il. Pourtant, malgré ces blocages administratifs qui ont failli les décourager, ils ont choisi de rester en France. «On reste parce qu'on pense que la France peut favoriser l'innovation. Il suffit juste de mettre la main à la pâte et d'aider ces jeunes qui sont bloqués par les institutions. Il y en a tellement», conclut-il. Un appel du pied aux pouvoirs publics pour adapter le cadre légal à une génération d'entrepreneurs qui ne veut plus attendre d'avoir dix-huit ans pour se lancer. Pour eux, l'innovation ne devrait pas avoir d'âge.