Le premier jalon de cette aventure entrepreneuriale s'appelle Boyabusiness.com. «C'étaient des vidéos avec des commerciaux virtuels qui présentaient les véhicules à la vente, avec les options et toutes les autres spécificités», explique Yannis. Très tôt, il cherche à rendre l'expérience commerciale plus immersive et plus performante grâce à la technologie. Mais surtout, il refuse d'attendre. «Quand j'ai eu cette idée-là, le but était vraiment de concrétiser tout de suite, de ne pas attendre 18 ans. Il fallait y aller, saisir l'opportunité», affirme-t-il.

Convaincre en étant jeune et indépendant

Yannis a construit son parcours en totale indépendance, utilisant ses propres ressources pour donner vie à son projet. «C'était à 100 % de l'autofinancement. Je vendais des pièces automobiles avec des garages, je faisais de l'achat-revente», raconte-t-il. Les revenus générés servent à financer ses premières idées et à les tester sur le terrain, au contact direct des professionnels. Comme beaucoup de jeunes entrepreneurs, la principale difficulté n'est pas technique, mais humaine. «Le plus compliqué, ça a vraiment été d'être pris au sérieux. Quand je parlais du projet aux clients potentiels, ce n'était pas évident», confie-t-il. Pourtant, Yannis constate rapidement que les résultats parlent d'eux-mêmes. «Il suffit que les clients voient l'efficacité du produit pour être convaincus. Aujourd'hui, toute la structure autour de Carbox AI fait que l'âge ne pose plus vraiment de problème», souligne-t-il. L'entrepreneuriat prend rapidement le pas sur le parcours scolaire. «Ça n'a pas toujours été simple, notamment pendant les périodes d'examens, au moment du bac», reconnaît Yannis. Sans négliger l'obtention du diplôme, il fait un choix assumé. «Je n'avais pas forcément besoin de viser l'excellence scolaire, mais ce que je privilégiais, c'était avant tout de construire quelque chose de concret pour l'avenir», explique-t-il.

Des étapes qui changent tout

Plusieurs moments viennent marquer un tournant décisif dans le développement de Carbox AI. L'un des plus importants reste l'adoption de la solution par Vroomiz, le groupe de 500 concessions. «Ça a été un moment clé. Ensuite, beaucoup d'autres groupes nationaux ont souhaité signer des partenariats avec Carbox AI», se rappelle Yannis. L'entrée de son associé au capital de l'entreprise permet également de changer d'échelle. «C'est à ce moment-là qu'on a pu commencer à avoir un vrai budget pour développer le projet», précise-t-il. Mais pour Yannis, le symbole le plus fort reste la constitution d'une équipe. «Quand de plus en plus de personnes ont commencé à travailler sur le projet, je me suis dit que l'entreprise devenait vraiment concrète, que je n'étais plus tout seul», se souvient-il. Cette structuration ouvre la voie à une nouvelle ambition, bâtir un véritable écosystème de solutions technologiques.

Aujourd'hui, Carbox AI s'inscrit dans une vision globale. «Showroom virtuel, vidéos de présentation, visites interactives en 3D… Toutes ces solutions ont le même objectif : augmenter les performances dans un secteur donné», détaille Yannis. Si l'automobile est le terrain d'expérimentation actuel, Yannis voit déjà plus loin. «Demain, ça pourrait très bien être l'art, comme d'autres domaines», conclut-il.