Nous voilà tout près du mois de novembre, mois des élections présidentielles américaines et début de la période phare d’investissement pour les actions américaines (l’opposé du fameux « sell in may and go away »). A ce sujet, notons que les actions ont passé la période compliquée de mai à octobre, sans trop de turbulences. Le marché a subi une correction éphémère de 10% pendant l’été avec une remontée de l’aversion au risque et de la volatilité pour finalement progresser de plus de 10% sur la période aux Etats-Unis. En revanche, l’adage boursier aura été parfaitement validé en France avec un CAC 40 en baisse de plus de 5% et dans une moindre mesure en Europe (progression atone de 3% environ sur le Stoxx 600).

La période qui s’ouvre semble ainsi parée de toutes les vertus :

  1. La banque centrale américaine a ouvert la voie à une politique accommodante et la performance des actions est généralement dopée pendant les premiers mois de baisse de taux, sauf si une récession voit le jour – ce qui semble improbable à ce jour.
  2. Les élections américaines sont généralement porteuses, quelle que soit la couleur de l’élu(e). En moyenne, les actions américaines progressent davantage qu’à l’accoutumée et la première année de mandat est statistiquement une des plus pimpantes du fameux cycle présidentiel.
  3. Nous l’avons déjà mentionné, la cyclicité annuelle est très favorable de novembre à avril où l’essentiel de la hausse du marché se produit. Nous arrivons donc à point nommé.
  4. Les liquidités sont abondantes (près de 20% du PIB américain est en cash), ce qui peut facilement offrir de bons relais d’investissement.

Toutefois, tout n’est pas forcément aussi rose. Tout particulièrement, les valorisations ne sont pas attractives : Le S&P se paie 25 fois les bénéfices estimés (contre une moyenne inférieure à 20) et plus de 16 fois l’EBITDA (contre une moyenne historique à 12). Certes les estimations de croissance pour 2025 dépassent les 10% et sont donc supérieures à la moyenne historique (vers 7,5%) mais il semble que le potentiel de progression est modeste. De façon pragmatique, on pourrait envisager de se positionner pour les prochains mois en restant particulièrement vigilent. C’est généralement quand le marché est cher et que les investisseurs sont optimistes que les mauvaises surprises se paient cash…

Graphique n°1 : Valorisation long terme du S&P 500 en terme de PER depuis 1974

© Bloomberg Finances

Graphique n°2 : Croissance long terme des bénéfices du S&P 500 depuis 1978

© Bloomberg Finances

N'oublions pas également que les dix dernières années ont permis d’afficher des rendements très nettement supérieurs à la moyenne historique (près de 13,5% contre 10% en moyenne). De plus, le S&P taquine le sommet de son canal haussier de long-terme (cf graphique n°3). Si cela a peu de raisons d’avoir un impact à court-terme, en revanche, cela suggère un potentiel d’appréciation de la prochaine décennie nettement plus faible. Il est toujours plus difficile d’offrir des rendements attractifs à long-terme quand on part du sommet du canal long-terme !

Graphique n°3 : Evolution du S&P 500 depuis un siècle

© Bloomberg Finances

Et L’Europe paraît toujours moins attractive !

Paradoxalement, la situation est très différente de ce côté-ci de l’atlantique. Si l’Amérique est un marché de croissance (avec les valorisations qui vont avec), l’Europe présente les caractéristiques d’un marché Value. Le Stoxx 600 affiche un PER inférieur à 15 et à sa moyenne historique, un price-to-book de 2 contre 5 aux Etats-Unis et un taux de dividende de 3,3% contre 1,3% sur le S&P. Et cela s’explique par la faiblesse des perspectives de croissance pour 2025 mais également par un historique de croissance des profits instable et atone. On notera que depuis 2000, la croissance des profits est inférieure à 2% en Europe et qu’il a fallu attendre 20 ans pour voir casser la résistance des profits (cf graphique n°4). Sur la même période, les profits américains croissaient de 6,5% et franchissaient la résistance des années 2000 dès 2004 !

>> Achetez et vendez vos placements (Bourse, cryptomonnaies…) au bon moment grâce à Momentum, la lettre d’investissement et newsletter premium de Capital basée sur l’analyse technique, économique et financière. Et en ce moment, avec le code promo CAPITAL30J, profitez d’un mois d'essai gratuit.

Graphique n°4 : Croissance long terme des bénéfices du Stoxx 600 depuis 2001

© Bloomberg Finances

Il n’y aurait donc pas grand-chose à espérer en Europe, d’où une valorisation attractive… Néanmoins, techniquement, on peut constater une éventuelle figure de tête-et-épaules de continuation qui pourrait se valider avec la rupture des 525 / 530 sur le Stoxx 600 (cf. graphique n°5). Une telle configuration est à suivre de près car elle permettrait une hausse d’environ 8 à 10% pour les prochains mois. Et ce serait déjà formidable !

Graphique n°5 : Evolution du Stoxx 600 depuis fin 2021

© Bloomberg Finances