En Asie, les bourses décrochent. C’est le cas notamment en Corée du Sud, où la Bourse de Séoul a dévissé de 12% ce 4 mars après avoir déjà dégringolé de 7% la veille. Au cinquième jour des frappes au Moyen-Orient, les places asiatiques sont donc dans la tourmente. Toutefois, ailleurs dans le monde, c’est beaucoup moins le cas. Ce mercredi, le CAC 40 ouvrait en légère hausse, certes après deux séances passées dans le rouge, et ce soir, les bourses européennes ont toutes rebondi : +0,79% pour le CAC 40, +1,74% à Francfort, +0,80% à Londres et +1,95% à Milan. Madrid grimpe encore plus, à +2,49%.

De quoi étonner Goldman Sachs. En marge du sommet économique de l’Australian Financial Review, son président-directeur général, David Solomon, a déclaré mardi qu’il était surpris que les bourses ne plongent pas davantage, rapporte Investing.com. Alors que l’Iran a fermé le détroit d’Ormuz, où passe 20% du pétrole mondial, les investisseurs ont ainsi surveillé le prix du pétrole. Toutefois, il a laissé entendre que la situation pourrait encore évoluer, et pas dans le bon sens avec des pressions inflationnistes. Pourquoi ? Parce qu’il faudra quelques semaines aux marchés pour digérer les frappes en Iran.

Les bourses américaines aussi dans le vert

Car à ce jour, nul ne sait où ce conflit va mener, les frappes se poursuivent au Moyen-Orient, un sous-marin a par exemple torpillé ce mercredi un navire iranien, et Donald Trump a laissé entendre il y a quelques jours que le conflit pourrait durer un mois, voire plus. Qu’en sera-t-il alors des chaînes d’approvisionnement énergétiques ? Pour l’heure, les principaux pays importateurs de pétrole, notamment, ont des réserves suffisantes. Mais cela ne pourra pas durer des mois. Selon David Solomon, il n’y a pas assez d’informations à ce stade pour jauger la situation efficacement.

Ce mercredi soir (en Europe), les indices américains sont tous dans le vert, que ce soit le Dow Jones (+0,69%), le Nasdaq (+1,37%) ou le S&P 500 (+0,78%), et, chose plus étonnante encore, les rendements des bons du Trésor ont aussi augmenté, les investisseurs craignant sûrement que la hausse des prix de l’énergie n’alimente l’inflation ou ne maintienne les taux d’intérêt élevés plus longtemps, précise Investing.com.

Pour le pétrole, Donald Trump a assuré mardi que si cela était nécessaire, la marine américaine escorterait les pétroliers dans le détroit d’Ormuz afin de «garantir la libre-circulation de l’énergie dans le monde». Mais cela n’a pas empêché le prix du baril d’augmenter de nouveau, le Brent étant à plus de 80 dollars. Toutefois, le président américain en est certain : après la guerre, les prix redescendront, et même plus qu’auparavant. Un nouvel élément que le PDG de Goldman Sachs scrutera de près.