Le CAC 40 plonge, ébranlé par les attaques contre l’Iran orchestrées par les États-Unis et Israël, qui ont frappé des cibles militaires, balistiques et stratégiques, surtout sur Téhéran et dans le sud du pays, afin d’affaiblir les capacités de défense et industrielles liées aux missiles et au programme nucléaire de l’Iran. Alors que l'Iran, «déjà fragilisé par l’inflation, la dépréciation du rial et une contestation sociale persistante, se retrouve désormais sous pression militaire directe, cette confrontation ouverte redéfinit l’équilibre au Moyen-Orient», note Cité Gestion.

Pour la Bourse et les autres marchés, le signal le plus important n’est pas seulement militaire : «il est logistique», fait valoir l’établissement financier, qui souligne que certains tankers (bateaux transportant du pétrole) ont modifié dès le début leur trajectoire autour du détroit d’Ormuz (un axe par lequel transite près d’un cinquième du pétrole mondial !), que les assureurs ont commencé à réévaluer les primes de guerre et que les compagnies aériennes ont suspendu leurs vols dans le Golfe, accentuant ainsi la désorganisation logistique. Dans ce contexte, «la question n’est plus y aura-t-il un choc ? mais quelle sera son amplitude et sa durée», selon Cité Gestion. Quelle seront la durée et l’intensité de la riposte de l’Iran ? Les acteurs régionaux seront-ils capables d’éviter un engrenage incontrôlable ? Des questions essentielles pour les perspectives du CAC 40 et des autres marchés actions…

Une escalade de la guerre avec l’Iran pourrait faire grimper le pétrole à 100 dollars, avec un impact sur l’économie et la Bourse

L’Iran est «un carrefour stratégique entre le Golfe, l’Asie centrale et les routes maritimes vitales qui irriguent une partie essentielle du commerce énergétique mondial, ce qui lui confère un poids bien supérieur à sa seule taille économique», avertit Cité Gestion. C’est aussi un producteur de 3,3 à 3,5 millions de barils par jour malgré les sanctions (3% de l’offre de pétrole mondiale), ce qui, «dans un marché tendu et très financiarisé, suffit à créer une onde de choc dès lors que l’incertitude s’installe», renchérit la banque privée.

Le premier impact d’une escalade prolongée serait une prime de risque immédiate sur le prix du pétrole. «Un affaiblissement du contrôle autour d’Ormuz, une hausse des primes d’assurance ou une multiplication d’incidents maritimes suffiraient à créer une tension bien au-delà des seuls barils de pétrole iraniens», juge Cité Gestion. L’Opep+ (l’Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses alliés) pourrait envisager une hausse accélérée de la production afin de stabiliser les anticipations et d’éviter une flambée désordonnée. Et si la confrontation reste contenue, le prix du pétrole pourrait refluer après un pic initial. Mais en cas d’escalade militaire avec l’Iran, le scénario d’un prix du pétrole à 90-100 dollars «serait une hypothèse crédible, avec un fort impact économique à la clé (un impact haussier pour l’inflation - ce qui compliquerait l’action des banques centrales sur les taux -, mais un impact baissier pour la consommation des ménages, NDLR)», avertit la banque privée.

Les actions de la défense et de l’énergie (pétrole) grandes gagnantes de la guerre avec l’Iran

Après l’éclatement de la guerre avec l’Iran, la réaction du CAC 40 a été sans surprise négative, avec une ouverture de séance d’entrée de jeu en très forte baisse par rapport à la clôture de vendredi dernier. En Bourse, la réaction initiale est rarement sophistiquée : baisse de l’appétit pour le risque (et donc pour les actions, en particulier celles des sociétés cotées des secteurs les plus exposés au contrecoup de la guerre avec l’Iran), et rotation vers les secteurs perçus comme bénéficiaires d’un environnement de tension géopolitique (les majors du pétrole, les industriels de la défense ou encore certains secteurs d’activité réputés défensifs face aux chocs sont actuellement plébiscités par les investisseurs en actions)». «Les valeurs énergétiques et de défense tendent à surperformer dans un premier temps, tandis que les secteurs intensifs en énergie (transport, chimie, industrie lourde) voient leurs marges anticipées se contracter si le prix du pétrole reste élevé», explique Cité Gestion.

Sur le front des taux à long terme, la lecture «devient plus complexe : dans un premier temps, les obligations d’Etat (dont les cours évoluent à l’inverse des taux à long terme, NDLR) jouent leur rôle de valeur refuge, avec à la clé une détente (baisse, NDLR) des rendements (taux à long terme, NDLR), mais si le choc énergétique persiste, la composante inflationniste reprend le dessus (et pourrait donc avoir un impact haussier sur les taux à long terme, NDLR)», met en garde Cité Gestion, qui avertit ainsi que les banques centrales, notamment en Europe (la BCE) et au Royaume-Uni (la Banque d'Angleterre), pourraient se retrouver face à un arbitrage plus délicat entre soutien à la croissance et lutte contre une inflation importée ravivée par un renchérissement de l’énergie.

Si la guerre avec l’Iran dure, gare à un impact négatif sur le CAC 40

Une guerre courte avec l’Iran, limitée aux capacités militaires de Téhéran et sans atteinte majeure aux infrastructures énergétiques du Moyen-Orient, pourrait être suivie d’une normalisation graduelle. Dans ce scénario favorable, la prime de risque (sur les prix du pétrole et la Bourse) se dégonflerait à mesure que les flux physiques restent intacts et que la confiance logistique se rétablit. Inversement, une guerre prolongée avec l’Iran, marquée par des attaques indirectes sur des installations énergétiques du Golfe, des perturbations répétées dans le détroit d’Ormuz ou une escalade régionale élargie, créerait un choc plus structurel.

Dans ce cas de figure défavorable, la prime de risque sur les prix de l’énergie pourrait s’installer, avec à la clé une inflation importée persistante et une complication des taux d’intérêt des banques centrales. Plus la guerre avec l’Iran dure, plus les entreprises ajustent leurs chaînes d’approvisionnement, plus les assureurs augmentent leurs primes, plus les investisseurs en actions intègrent une nouvelle normalité de risque. On pourrait donc entrer dans un nouveau régime économique, avec à la clé un impact négatif sur le CAC 40 et Wall Street.

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