La situation internationale, et plus particulièrement l’embrasement au Moyen-Orient, va-t-elle influer sur le prix du pétrole sur le long terme ? Depuis quelques jours, les spécialistes du secteur et même le gouvernement assurent qu’il est inutile de se précipiter à la pompe et qu’il n’y a aucun risque d’approvisionnement. Du moins, pour le moment. Car, aux premières heures du début du conflit, le baril de pétrole s’est envolé en Bourse, et il dépasse déjà les 85 dollars, faisant craindre une hausse des tarifs à la pompe. Mais le baril pourrait bondir encore plus.

Ce mardi 3 mars, comme le relaie BFM, un général des Gardiens de la Révolution a mis en garde contre toute poursuite des bombardements contre son pays. «Nous disons à l'ennemi que s'il décide de frapper nos principaux centres, nous frapperons tous les centres économiques de la région», a lâché le général Ebrahim Jabbari, mettant encore plus la pression sur la région et sur le détroit d’Ormuz, déjà fermé, et vital pour de nombreux secteurs. Selon lui, «le prix du pétrole dépasse les 80 dollars et atteindra bientôt les 200 dollars».

8 à 10 millions de barils quotidiens bientôt bloqués ?

Pour rappel, c’est par ce détroit que transite 20% du pétrole mondial, ce qui laisse penser que «8 à 10 millions de barils par jour» pourraient ne pas trouver d'acheminements alternatifs au détroit, a analysé Jorge Leon de chez Rystad Energy. La menace est bien réelle alors que Donald Trump a laissé entendre lundi que l’offensive sur l’Iran pourrait durer au moins un mois. Or, un baril à 200 dollars ferait littéralement exploser les tarifs de l’essence partout dans le monde et bloquerait encore davantage de nombreux secteurs.

«Les acteurs commencent désormais à prendre conscience que le risque d'une escalade est très élevé», décrypte de son côté Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management. De son côté, le général Ebrahim Jabbari a ajouté : «Nous attaquerons également les oléoducs et nous ne laisserons pas une seule goutte de pétrole quitter la région.» La situation est d’autant plus problématique pour Donald Trump qu’il a promis de faire baisser les prix avant les élections de mi-mandat (novembre).

Si, dans l’immédiat, les principaux pays importateurs disposent de réserves, elles sont loin d’être inépuisables et une fermeture du détroit prolongée aurait des conséquences plus difficilement gérables. Un analyste d’ING alerte sur un «risque plus important pour le marché» qui serait que «l'Iran vise d'autres infrastructures énergétiques dans la région. Cela pourrait entraîner des interruptions plus longues de production», argumente-t-il. Une raffinerie exploitée par Saudi Aramco et un terminal pétrolier d’Abou Dhabi ont été attaqués ces derniers jours.