Des pays qui s’embrasent et un commerce maritime complètement à l’arrêt. Après les premières frappes américaines et israéliennes sur le sol iranien, les Gardiens de la révolution, le bras armé du régime de Téhéran ont décidé de procéder à la fermeture du détroit d’Ormuz. Route maritime et commerciale qui constitue aujourd’hui l’une des principales voies au monde de transport du pétrole avec 17 millions de barils bruts qui ont transité chaque jour en 2025, cette fermeture risque d’avoir rapidement un réel impact. En effet, des dizaines de navires sont actuellement bloqués, alimentant ainsi les craintes des consommateurs sur une possible pénurie à venir en matière de carburant.

Interrogé au micro de France Inter ce dimanche 1er mars, le président d’Armateurs de France, Edouard Louis-Dreyfus, a ainsi fait savoir qu’une soixantaine de ses navires étaient bloqués dans le Golfe persique. «Instruction de ne pas bouger, de ne pas essayer de sortir» du détroit a d’ailleurs été donnée. Quant aux autres navires, ces derniers sont invités à rester le plus loin possible de la région.

Forte inquiétude chez les armateurs

Il faut dire que l’inquiétude monte d’heure en heure chez les armateurs. Edouard Louis-Dreyfus a en effet expliqué que le déclenchement de cette guerre ouverte au Moyen-Orient entre Américains et Israéliens d’un côté et l’Iran de l’autre expose de nombreux navires présents dans la région. Afin de répliquer aux diverses attaques, l’Iran multiplie les tirs de missiles et le lancement de drones vers les bases américaines situées dans plusieurs pays du Golfe. Or, celles-ci sont pour la plupart proches des ports, ce qui est un «réel sujet d’inquiétude pour les armateurs», a souligné le président d’Armateurs de France.

Face à ce constat, plusieurs armateurs ont donc purement et simplement ordonné à tous leurs navires de se mettre à l’abri. C’est le cas de l’italo-suisse MSC qui a suspendu l’ensemble de ses réservations de fret vers le Moyen-Orient, rapporte franceinfo. Quant à la CMA-CGM, le troisième armateur mondial, tous les navires présents dans la région ou en route vers le Golfe ont reçu l’ordre immédiat de se mettre à l’abri. Pour l’heure, deux navires ont d’ores et déjà été attaqués au large des Émirats arabes unis et d’Oman.