De retour à la Maison-Blanche depuis le 20 janvier, Donald Trump entend bien utiliser sans compter le recours aux droits de douane, accentuant l’idée d’une guerre commerciale des États-Unis contre le reste du monde. Qualifiée de «guerre idiote» le 14 mars dernier par le ministre français de l’Économie, Éric Lombard, ces nouveaux droits de douane visent à taxer les produits en provenance d’autres pays une fois leur entrée aux États-Unis afin d’y appliquer un même niveau de taxation que ceux imposés aux produits américains.

Ayant choisi la date du 2 avril pour leur mise en place, et non le 1er qui aurait pu prêter à sourire, même si pour l’heure, il est difficile de savoir si les tarifs réciproques seront applicables à compter de cette date, Donald Trump garde dans son viseur une liste de quinze pays ou groupes de pays. Évoqués par le secrétaire au Trésor Scott Bessent, ces «Dirty 15» qualifiés de «salauds» seraient ceux qui participent le plus au déséquilibre de la balance commerciale américaine, rapporte Les Échos. Dans le détail, les pays concernés sont : la Chine, l’Union européenne, le Mexique, le Vietnam, Taïwan, le Japon, le Canada, la Corée du Sud, l’Inde, la Thaïlande, la Suisse, la Malaisie, l’Indonésie, le Cambodge et l’Afrique du Sud. «Tout le monde ne nous arnaque pas sur le commerce, ce sont juste quelques pays, et ces pays doivent s’attendre à des droits de douane», a de son côté fait savoir Kevin Hassett, le directeur du National Economic Council.

Un répit pour d’autres pays

De leur côté, les services du représentant au commerce Jamieson Greer ont indiqué s’intéresser en particulier à une liste de 21 pays ou groupes de pays. Ces derniers, qui pèsent 88 % du commerce avec les États-Unis, seraient ceux avec lesquels le pays accuse le plus gros déficit commercial, comme la Chine (avec un déficit de 300 milliards de dollars), le Mexique (171 milliards de dollars) et le Vietnam (123 milliards de dollars). À l’inverse, d’autres pays ont reçu une forme de répit temporaire de la part de Donald Trump, et ce, malgré que le président des États-Unis a menacé ce lundi 24 mars d’ajouter 25 % de droits de douane à tous les pays qui achèteraient du pétrole vénézuélien. Les droits sectoriels sur l'automobile, eux, devraient être annoncés «dans les prochains jours», a-t-il précisé.

Alors que durant plusieurs semaines, Donald Trump a ciblé trois de ses principaux partenaires commerciaux, à savoir le Canada, le Mexique et la Chine, depuis, d’autres pays font malgré eux les frais de la politique commerciale du président américain. C’est le cas du Japon ou de l’Union européenne qui sont désormais concernés depuis le 12 mars par l’application des 25 % de droits de douane sur l’acier et l’aluminium.

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