Allez-vous pouvoir continuer à faire vos courses alimentaires dans les grandes surfaces avec vos tickets-restaurants ? Pour l’instant, la question n’est pas tranchée. Depuis 2022, pour faire face à l’inflation, le gouvernement a permis l’utilisation des titres-restaurants pour tous les types de produits alimentaires, et plus seulement les produits directement consommables, comme les sandwichs ou les plats préparés. En d’autres termes, vous pouvez payer, pour un montant maximal porté à 25 euros par jour (contre 19 euros avant 2022), vos tomates, vos lardons ou encore vos filets de poisson avec vos tickets-restaurants. Et dans certaines enseignes, il est même possible d’acheter du dentifrice, du savon, ou encore du vin ! Mais ce dispositif exceptionnel doit normalement prendre fin en décembre 2024. Si la secrétaire d’État à la Consommation, Laurence Garnier, s'est dit «favorable» à son prolongement, il appartient aux parlementaires de statuer.

Alors que vous êtes 5,4 millions de salariés français à dégainer votre carte resto tous les jours, Capital a lancé un appel à témoignages pour savoir si vous souhaitez que le dispositif soit prolongé. À l’unanimité, vous voulez pouvoir continuer à profiter de vos titres-restaurants pour faire vos courses alimentaires. «Utiliser les titres-restaurants au supermarché c’est une grande aide au quotidien et un coup de pouce pour le pouvoir d’achat», nous confie François. Avis partagé par Sandra : «en temps d’inflation, ça permet d’avoir un peu plus de largesse dans le budget de la vie courante». La preuve ? François dépense environ 110 euros par mois en tickets-restaurant chez Leclerc et Picard tandis qu’Emily utilise 80% du montant de sa carte pour ses courses alimentaires du quotidien. Ils sont tous farouchement opposés à ce que cette mesure prenne fin.

Un manque à gagner de 576 millions d’euros pour les restaurateurs

Et quid de la colère des restaurateurs, qui avancent un manque à gagner pour leur activité de 576 millions d’euros sur un an ? Peu de considération. «Si les restaurateurs n’avaient pas copieusement augmenté leur prix pour se rattraper des épisodes covid alors qu’ils ont bénéficié de dédommagements de la part de l’État, les Français continueraient probablement d’aller au restaurant», nous signale Céline.

Alors dans le cas où le gouvernement déciderait de faire machine arrière pour limiter les achats en grande surface avec les titres-restaurants, les dents vont grincer chez les Français. «Pour être honnête, si je ne peux plus les dépenser librement au supermarché, je pense que je refuserai tout simplement les cartes resto», avance Jeanne. «C'est normal d’en faire ce qu'on veut. On en finance la moitié tout de même», ajoute Pierre.

Un verdict attendu dans quelques semaines

Si Jeanne souhaite que le plafond quotidien passe de 25 à 50 euros pour régler ses dépenses dans les supermarchés et/ou au restaurant, d’autres sont plus mesurés et sont ouverts à trouver un consensus. «Pourquoi ne pas mettre en place deux plafonds : un pour les achats en grande surface et un autre pour les restaurants afin de motiver les consommateurs à fréquenter de nouveaux ces établissements», propose Pierre. Autre piste de réflexion pour redonner envie aux Français d’aller au restaurant si le dispositif est abrogé : alléger la note en baissant la TVA par exemple. Les parlementaires, qui travaillent à une nouvelle proposition de loi pour l’utilisation des titres-restaurants, n’ont plus que quelques semaines pour rendre leur verdict.