
Les sénateurs ont adopté, mardi 14 janvier, la prolongation de la loi permettant l'utilisation élargie des tickets-restaurant dans les grandes surfaces alimentaires, et ce pour deux ans, jusqu'à la fin 2026. Résultat : près de 6 millions de Français, détenteurs d’une carte tickets-restaurant, pourront à nouveau acheter avec ce moyen de paiement des produits non transformés comme les pâtes, le riz, la farine ou encore l’huile d’olive. Mais le secteur de la restauration fait grise mine.
Selon les chiffres de la Commission nationale des titres-restaurants (CNTR), depuis l’entrée en vigueur de l’extension à tous produits alimentaires (4ᵉ trimestre de 2022), les parts du marché des restaurateurs a diminué au profit de la grande distribution. Le manque à gagner se chiffre à près de 600 millions d’euros en 2024. Un chiffre «colossal», a déploré Franck Chaumès, président national de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih), auprès d'actu.fr.
«Ils vont réussir à mettre le pays dans le chaos»
Pour lui, la prolongation est «une grande déception». Il a l’impression de «ne pas être écouté» par les responsables politiques. «C'est une victoire de la grande distribution. Elle prend des marges incroyables, elle ne crée pas d'emplois en automatisant tout et en travaillant avec l'IA... C'est ça que veut le gouvernement ?», s'est-il interrogé.
Depuis le 1er janvier 2025, en l’absence de réel cadre législatif, la loi de 2022 s'appliquait. Soit une utilisation des tickets-restaurant qui se limitait à l’achat de plats cuisinés à réchauffer, de sandwichs, des fruits et légumes, des salades ou encore des produits laitiers. «Ils vont réussir à mettre le pays dans le chaos», a-t-il lancé. «La consommation n'a jamais été autant au plus bas, le gouvernement change tous les trois mois... Prolonger les titres-restaurant, c'est mettre un pansement sur une plaie ouverte», a-t-il fustigé.

















