S’il y a bien une entreprise qui a profité de l’épidémie de Covid-19 et des multiples confinements, c’est Amazon ! Le mastodonte de la vente en ligne a connu en 2020 une année record, avec 44 milliards d’euros de ventes. Et pourtant, la multinationale fondée par Jeff Bezos n’a pas payé d’impôt sur les sociétés en Europe en 2020, grâce au transfert de ses revenus vers des paradis fiscaux… Pire encore, elle aurait bénéficié d’un crédit d’impôts au Luxembourg, à utiliser dans les prochaines années, selon des informations du Guardian. En temps normal, une telle désertion aurait déjà été choquante. Mais dans une période où les Etats du monde entier, frappés par la pandémie, sont contraints de dépenser des centaines de milliards d’argent public pour tenter de maintenir leur économie à flot, elle est vécue par beaucoup comme une provocation.

Trop, c’est trop ! Après des années à regarder les Gafam (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft) user de toutes les ficelles pour prémunir de tout prélèvement leurs profits stratosphériques, les pays du G7 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni) ont décidé au début du mois de juin de sonner la fin de la récréation. Ils se sont entendus pour mettre en place un impôt minimum mondial sur les plus grandes sociétés multinationales et pour se ­répartir équitablement ces recettes fiscales. Ils ont été suivis début juillet par 130 pays de l’OCDE. Un accord qualifié d’"historique" par notre ministre de l’Economie Bruno Le Maire, et pour lequel l’OCDE se bat depuis des années. "Nous sommes à la veille d’un changement fondamental", s’est enthousiasmé Pascal Saint-Amans, le monsieur fiscalité de cette organisation internationale très libérale, qui n’en pouvait plus de voir les grands groupes mondiaux se moquer ouvertement des Etats.

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