Vous hésitez à acheter ce jean plutôt qu'un autre ? Voilà un dispositif qui doit vous aider à mieux choisir vos vêtements dans les magasins ou sur internet. Un nouvel indice va en effet exposer noir sur blanc l’impact écologique de vos tee-shirts, pantalons et autres articles de prêt-à-porter à partir du second semestre 2025 (du 1er juillet au 31 décembre 2025). «Le projet de cadre réglementaire relatif à l'affichage volontaire du coût environnemental des vêtements a été validé le 15 mai 2025 par la Commission européenne», a précisé Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition écologique.

Sous forme d’une note chiffrée, allant de zéro à l’infini, ce score traduit l'ensemble des impacts générés tout au long du cycle d’utilisation d’un vêtement, fin de vie comprise : la production de sa matière, la teinture, les émissions carbone, la consommation d’eau, l’utilisation des ressources fossiles, ou encore l’étape de la confection. Pour le calcul, l’Union européenne a recommandé la méthode du PEF (Environmental Footprint Methods), qui s’appuie sur 16 critères.

Prenons un exemple. Un tee-shirt en coton bio fabriqué en France sera noté 845, tandis qu’un même article venu d’Asie, en polyester, qui aura parcouru 8 200 km en avion avec un coefficient de durabilité faible, obtiendra un score de 1 252. En somme, plus le score est élevé, plus l’impact du vêtement sur l’environnement est fort.

Sensibiliser les marques et les consommateurs

Objectifs de ce dispositif ? Sensibiliser les consommateurs à l’impact environnemental des produits qu’ils achètent. Fini de mettre dans son panier cinq tee-shirts à trois euros sans se demander ce que ça coûte à la planète ! Autre intérêt : donner les outils et motiver les industriels dans le pilotage de leurs efforts d’écoconception.

Il s’agit également d’un moyen pour lutter contre le développement de l’ultra fast fashion et de ces plateformes chinoises comme Shein et Temu, qui mettent à mal l’industrie française et européenne du textile, en habituant les consommateurs à acheter des produits ultra accessibles de piètre qualité. Ce levier va venir s’ajouter à la proposition de loi visant à réduire l’impact environnemental de l’industrie textile, également appelé loi anti fast fashion, examinée par le Sénat le 2 juin.

Aucune obligation pour le moment

En revanche, comme le Nutri-score, cet affichage nutritionnel des produits alimentaires matérialisé par des notes allant de A à E, ce dispositif reste sur la base du volontariat. Alors que la France voulait en faire une norme, l’Europe n’a pas suivi. Pour que cet indicateur soit pertinent, il faudra donc que les marques acceptent de jouer le jeu.

L’an passé, la France avait mené une phase de test, pendant un mois, avec une cinquantaine de marques volontaires, dont Kiabi, Decathlon, Ba&sh, Sandro ou encore Maje.