Invité de l'émission Good Morning Market sur BFM Business, vendredi 7 novembre, le PDG est à la tête de la compagnie Chargeurs, une holding industrielle et financière diversifiée présente dans le luxe, la culture et les matériaux innovants. Il considère notamment ne pas avoir été assez protégé par les pouvoirs publics français ou l'Union européenne lors de la hausse des taxes douanières instaurées par Donald Trump. «Nous avons des usines en France, nous sommes un des gros exportateurs français, nous protégeons les emplois en France», rappelle Michaël Fribourg.

«Nous, ce qu'on aimerait, c'est que l'Europe protège aussi bien ses industriels que Donald Trump essaye de le faire», observe Michaël Fribourg. Il dénonce «une déferlante de textiles chinois à bas coûts, qui sont un scandale environnemental, économique et humain et industriel». Son groupe est d'ailleurs beaucoup plus présent sur le territoire américain que français. 40% des activités directes et indirectes de Chargeurs prennent place aux États-Unis. La France ne représente que 4% de son activité mondiale.

Une «culture de long terme»

«On se demande ce que fait l'Europe ? Nous avons à plusieurs reprises dit aux autorités qu'il fallait davantage protéger les industriels européens et nous observons que rien n'a été fait» s'agace Michaël Fribourg. Pour le PDG, dont l'entreprise va bientôt fêter ses 154 ans d'existence, «il faut que l'Europe et les industriels européens reviennent dans une culture du long terme».

Il est également très critique vis-à-vis des marchés financiers français. «Si j'ai un conseil à donner aux entreprises qui envisagent de s'introduire à la Bourse de Paris, je leur dis : 'Ne le faites surtout pas !'», martèle-t-il. Pour lui, «les Français n'aiment pas beaucoup la bourse» étant donné «qu'il n'y a pas de capitaux longs en France, parce qu'il n'y a pas de retraite par capitalisation» et «que les organisateurs eux-mêmes de la Bourse à Paris sont peu enclins à soutenir les valeurs moyennes».