
Vous avez dit exploit ? Pensez : en seulement sept ans, Allison Piraud a réussi à créer Elhée, sa marque de puériculture, et à dégager plus de 4 millions d’euros de chiffre d’affaires dans un secteur ultraconcurrentiel. Le tout, en innovant avec ses biberons, tétines ou sucettes en silicone médical, et entièrement made in France, grâce à K Plast, un spécialiste de la plasturgie basé à Saint-Marcellin, en Isère, que les grands donneurs d’ordres industriels ont tendance à délaisser pour fabriquer en Europe de l’Est… «L’entreprise est rentable, et nous sommes désormais sept salariés au siège, tandis que six à sept autres travaillent en sous-traitance dans cet atelier d’injection», résume cette mère de trois enfants, qui missionne aussi un Esat (un établissement et service d'accompagnement par le travail) pour emballer ses articles.
Des entrepreneurs tenaces comme Allison, vous en découvrirez de nombreux autres dans ce dossier, issus de tous les secteurs. Leur point commun : tous ont su, malgré les contraintes réglementaires, les impôts de production ou les difficultés de financement, défendre leur outil industriel, développer l’emploi et, ce faisant, revitaliser leur territoire. Qu’il s’agisse de Louis Le Duff, qui, en passant de la Bretagne à la Normandie, a réussi à bâtir sa nouvelle usine de viennoiseries sous la marque Bridor en un temps record. Ou du directeur général de Safran, Olivier Andriès, qui, en négociant au plus serré le prix de son électricité, pourra ouvrir un site de fabrication de freins en carbone dans l’Ain, plutôt qu’aux Etats-Unis ou au Canada.
Malgré leur bonne volonté, ces entrepreneurs commencent toutefois à hausser le ton, à l’image de Virginie Calmels. Comme vous le lirez dans l’interview qu’elle nous a accordée, la présidente de l’association CroissancePlus estime que les entreprises ne doivent plus être la variable d’ajustement du système, comme elles l’ont été en 2025, année où elles ont dû supporter près de 15 milliards d’impôts supplémentaires. Selon elle, à condition d’abaisser charges et impôts, les patrons seraient même prêts à se passer, en contrepartie, de certaines aides aux entreprises. A bon entendeur…
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