Pour moderniser la maintenance de ses centrales nucléaires, EDF devait nouer un partenariat avec le géant américain Amazon. Cet accord, capital pour l’amélioration du suivi des centrales nucléaires, semble aujourd'hui compromis. Le contrat avait pour objectif de moderniser toute une partie du système d’information de l'entreprise en numérisant et en sauvegardant l’ensemble des références de pièces nécessaires à la maintenance des centrales nucléaires françaises. Selon Les Échos, le projet prend l'eau.

Malgré un test positif, Amazon se serait rétracté. Si le géant de l'e-commerce a démenti l'information et a assuré n'avoir «pas refusé de signer un contrat avec le groupe», l'énergéticien français lui est plus évasif. La procédure d'appel d'ores étant toujours en cours. Le gouvernement veut lui «discuter avec les parties impliquées dans ce sujet sensible». Avec un contrat de 860 millions d’euros, l'affaire a soulevé des questions sur la souveraineté numérique française et sur d’éventuels risques d’espionnage industriel.

La gestion par Amazon devait faciliter les opérations de maintenance prédictive et éviter d’éventuels retards sur le redémarrage de réacteurs dans le cadre de maintenances programmées. L’optimisation de ces opérations de maintenance est vitale face au prolongement de la durée de vie des réacteurs français. Mais confier cette mission à une entreprise étrangère aurait pu exposer le parc nucléaire français à des risques d’espionnage ou de cybersécurité malgré les règles européennes et le fait que les données soient totalement indépendantes des systèmes informatiques de pilotage des centrales.