Un nouveau chapitre s’ouvre dans les nœuds liés à la gouvernance d’entreprises publiques. Selon BFM Business, Jean-Pierre Clamadieu, président d’Engie, et Jacques Aschenbroich, président d’Orange, souhaitent désormais modifier les statuts de leurs deux entreprises pour pouvoir rester à leur tête plus longtemps. Âgés respectivement de 67 ans et de 71 ans, les mandats de ces deux présidents se termineront au printemps 2026, mais ces derniers souhaitent rester à leurs postes. Pour cela, ils devront aller jusqu’à modifier les statuts des groupes. La raison : il existe une limite d’âge pour les occuper. Pour Orange, la limite d’âge est fixée à 70 ans, et celle d’Engie est à 69 ans.

Pour jauger les possibilités du côté du ministère de l’Économie, les deux groupes ont donc envoyé des administrateurs. L’Agence des participations de l’État (APE), dont les parts d’Engie s’élèvent à 23,6 % et celles d’Orange à 23 %, s’est prononcée contre cette modification des statuts, selon des sources proches du groupe. La ligne de conduite semble donc être posée : il faudra trouver d’autres profils pour diriger ces deux géants.

La succession déjà en préparation

Face à cette réaction du ministère, le processus de recherche de nouveaux dirigeants a déjà commencé. Brigitte Lemercier, chasseuse de têtes, a été choisie par Orange pour trouver des profils correspondant aux postes en question. Pour l’heure, Jacques Aschenbroich semble accorder sa confiance à Gilles Grapinet, un administrateur d’Orange depuis deux ans. Mais cet ancien dirigeant de Worldline n’a pas très bonne presse auprès de la sphère publique, et notamment auprès de Bpifrance, à la suite de l’effondrement de son ancienne entreprise.

Du côté d’Engie, compte tenu du gouvernement d’affaires courantes, l’éventualité de prolonger son mandat est aussi en pause. Pour le moment, son dirigeant termine son troisième mandat. Il avait été nommé pour la première fois en 2018, mais la limite d’âge fixée par le groupe l’empêche pour le moment de rester à ce poste après 2027. Dans plusieurs entreprises publiques, comme Renault, Safran ou Air France-KLM, les administrateurs ont repoussé cette limite d’âge à 72 ans, ou 75 ans. En l’attente d’un nouveau gouvernement et d’une décision claire, le processus de recherche a déjà commencé, avec l’aide du cabinet de recrutement Heidrick & Struggles. Les directrices générales des deux groupes, Catherine MacGregor chez Engie et Christel Heydemann chez Orange, ne seront probablement pas choisies en tant que présidentes-directrices générales, car l’État est partisan de la séparation des fonctions chez les entreprises cotées et publiques.