«Le Slip Français», marque qui, depuis sa création en 2011, mise sur le désir de nombreux consommateurs de parer leurs fessiers de sous-vêtements made in France, a subi quelques turbulences ces dernières années. Particulièrement en 2022 et 2023, années noires pour l'entreprise qui pour se remettre à flot après la crise Covid, avait dû revoir son modèle économique – 40 euros le caleçon, pas à la portée de toutes les bourses, si l'on peut dire – et réduire la voilure salariale. Parmi les mesures prises : sortir de ses boutiques de niche (dont beaucoup ont été fermées) pour vendre ses produits en supermarchés et à des prix plus accessibles.

Mais à peine remis à flot, Le Slip Français est à nouveau froissé : pas merci Donald Trump, qui avec ses offensives douanières à répétition, plonge les importateurs français dans l'incertitude la plus totale. Alors même que Bruxelles n'avait pas fini de négocier un accord commercial avec Washington, le président américain a décidé «d'avancer», comme il dit, annonçant de façon unilatérale porter à 30%, dès le mois d'août, les droits de douane sur les produits de l'UE. Y compris nos fameux slips tricolores. Léa Marie, directrice générale de l'entreprise, se dit «agacée. Très agacée».

Un risque de perte de chiffre d'affaire de 5%

Sur le plateau de BFMTV le 12 juillet, Léa Marie explique : «On n'arrive pas à stabiliser nos prévisions» à cause des droits de douane imposés par la Maison Blanche. Et selon ses dires, «on est touché par une baisse des commandes des clients américains.» 30% de taxes douanières, cela «représente un risque de perte de chiffre d'affaire de 5%» poursuit-elle, affirmant que l'entreprise ne fera «peut-être pas» de bénéfice cette année. Les marchandises achetées par Le Slip Français pour sécuriser les mois d'août et septembre risquent donc de ne pas s'écouler, en tout cas sur le marché américain.

«Au tout début, je me suis dit qu'on pourrait prendre sur notre marge, mais si on augmente les prix même a minima, le client américain reste affaibli dans son pouvoir d'achat» constate Léa Marie, qui admet, amère : «Le slip n'est pas un produit de première nécessité alors le client va privilégier son frigo, c'est normal». Pour sûr, les portes américaines se referment progressivement, avec «une baisse de notre chiffre à l'international» déjà manifeste, conclut la directrice du Slip Français qui dans l'attente d'une éventuelle amélioration de la situation, a le moral dans les chaussettes.