Le Royaume-Uni va-t-il avoir des difficultés à faire face au choc énergétique qui se profile avec la guerre au Moyen-Orient ? La question se pose alors que le déficit public britannique s'est creusé nettement plus que prévu en février, selon des chiffres publiés ce vendredi 20 mars. «Le secteur public a emprunté 14,3 milliards de livres (16,6 milliards d'euros) en février 2026», a indiqué vendredi l'Office national des statistiques (ONS), précisant que cela représente presque 7 milliards de plus que les projections officielles.

Le taux d'emprunt à dix ans britannique, déjà poussé jeudi par les risques sur l'inflation signalés par la banque d'Angleterre, continuait en outre à grimper vendredi plus vite que celui des autres grandes économies européennes, touchant environ 4,93% vers 10h GMT, un niveau qui n'avait plus été vu depuis 2008. «En raison des choix que nous avons faits avant le début du conflit au Moyen-Orient, nous sommes mieux préparés à affronter un monde plus instable», a assuré dans un communiqué le secrétaire d'Etat au Trésor James Murray, affirmant notamment que les prévisions sont un niveau d'endettement britannique «inférieur à la moyenne du G7».

Une situation budgétaire plus mauvaise que prévu

Mais les chiffres de l'ONS montrent que «la situation budgétaire était plus mauvaise que prévu avant même que l'impact de la flambée des prix de l'énergie ne se fasse pleinement sentir», pointe Ruth Gregory, chez Capital Economics, ce qui limitera selon elles les options du gouvernement dans l'hypothèse «où le conflit au Moyen-Orient s'aggraverait encore».

L'analyste doute que le gouvernement ait «la marge de manœuvre nécessaire pour mettre en place un plan de soutien budgétaire de grande ampleur comme celui de 2022», où les conservateurs au pouvoir avaient mis la main à la poche pour aider les Britanniques face à l'envolée des factures après le début de la guerre en Ukraine.

La ministre des Finances Rachel Reeves est «prise entre le marteau et l'enclume», selon Danni Hewson, analyste chez AJ Bell, pour qui «l'instabilité géopolitique actuelle souligne avec force la nécessité d'augmenter les dépenses de défense, mais elle expose aussi les travailleurs ordinaires au risque d'une nouvelle poussée d'inflation».